Non est un mot des plus populaires à Ville de Lac-Brome. Dès qu’un nouveau projet pointe à l’horizon, une armée d’opposants part en guerre pour le dénigrer souvent avec succès. Les passerelles sur les sentiers pédestres ont attendu pendant des décennies; la piscine a été abandonnée après une cam- pagne négative; un centre de santé mentale a été refusé après la tenue d’un référendum moins que parfait.

La bataille la plus récente concerne l’imbroglio autour du développement de l’ancien terrain de golf des Allard à Foster que l’on appelle maintenant le Faubourg Lac-Brome. Tempo n’a pas de position éditoriale quant à la construction ou non du projet. On en est plutôt à la manière dont ça se passe.

Il y a d’abord eu un groupe de «contre» avec assez de signatures pour forcer la tenue d’un registre, lequel précède un référendum. Mais voilà qu’un autre groupe de «pour» associé au développeur a de son côté réuni assez de signatures pour contrecarrer la tenue d’un référendum. Les deux parties y voient sûrement le triomphe de la démocratie en action. Rien n’est plus faux.

Nous avons parlé à une résidente de Foster qui a voté pour les deux camps sur la base de ce qu’on lui a dit sur le pas de sa porte. «J’ai signé les deux pétitions. Une personne m’a dit ’on veut seulement plus d’information’.» Ensuite l’autre groupe est venu en disant «on veut la signature des gens qui ne s’opposent pas au projet.» «Je ne suis pas contre le développement alors j’ai signé cela aussi» nous dit cette résidente qui préfère garder l’anonymat. Quand les protagonistes qui font du porte à porte disent ce qu’il faut pour que les gens signent une pétition, ladite pétition n’a plus de valeur. C’est ce qui s’est produit dans l’affaire Nu-Hab, quand les colporteurs de pétition ont dit que les résidents du futur centre avaient le choix entre Nu-Hab ou la prison. Un mensonge éhonté. Les règles concernant les pétitions sont on ne peut plus ambigües. Il faut une question claire – on le sait pourtant – pas des questions basées sur des faussetés qui amèneront la réponse souhaitée.

Nos élus réagissent à ce qu’ils perçoivent comme étant l’opinion publique. Trop souvent, ils réagissent à des fausses nouvelles.