Les opérateurs de stations de ski se prenaient la tête en jan- vier en regardant la pluie tomber et détruire la solide base de neige sur les pistes. Leurs soucis se sont vite dissipés lorsque le mercure a plongé de 15 degrés en quelques heures et que la pluie s’est transformée en neige.

Quel bizarre d’hiver nous avons.

Entre Noël et les jours qui ont suivi le Jour de l’an, jamais il n’a fait si froid en 75 ans. Le mercure a plongé à -35ºC. Tellement froid que les stations de ski on dû fermer périodiquement parce que si des skieurs étaient resté coincés dans les remonte-pentes, ils auraient vite gelé à mort. Les stations devaient aussi limiter leur consommation d’électricité, ne pas actionner les canons à neige, question de ne pas surcharger le réseau électrique. Quelque 80% des Québécois se chauffent à l’électricité, le taux le plus élevé en Amérique du Nord.

Seuls les pêcheurs les plus intrépides se sont hasardés sur le lac Brome.

Ensuite, le plus spectaculaire redoux jamais vu en janvier. Presque du jour au lendemain et 50 degrés de température plus tard, le mercure atteignait 17ºC. La sève a monté dans les érables, mais pas en quantité suffisante pour la bouillir. S’ensuivit de fortes pluies qui ont fait sortir les rivières de leur lit et inondé les routes.

À West-Brome, la Yamaska a monté à un niveau plus élevé que les locaux ne l’avaient jamais vue entraînant la fermeture de routes. Les secteurs de Bondville et de Knowlton ont aussi subi les conséquences des inondations.

Et puis, le froid polaire est revenu accompagné d’une bonne bordée de neige qui a fait sortir déneigeuses et épandeuses.

«Les grands froids prolongés mettent nos équipements et nos équipes à rude épreuve» explique le conseiller de VLB responsable des travaux publics, Lee Patterson.

Les équipements sont tombés en panne pendant le grand froid et le sel est inefficace à -30ºC, alors la ville a mis du sable et de la roche sur les chemins.

L’an dernier le temps doux avait réduit les coûts prévus de déneigement. Cette année risque d’être différente.

Il y a peu de choses à faire, du moins à court terme, pour combattre le climat. Nous vivons dans un coin de paradis mais cette année, aussi loin qu’on puisse se rappeler, il faut reconnaître que nous faisons face à un temps bizarre. Ça pourrait être pire. Nous pourrions être dirigés par le génie autoproclamé juste au sud de la frontière…