Le noyer cendré en voie d’extinction

Jack Lemaire, qui a grandi dans la région, a connu le noyer cendré toute sa vie et dit: «Ils sont en voie de disparition. Il y en avait beau- coup mais maintenant même les jeunes pousses sont en difficulté. Ceux qui restent sont sur des propriétés privées à l’orée de la forêt ou à découvert dans les champs clairsemés, en plein soleil. Ce sont de si beaux arbres, je m’ennuie de les voir.» Quatre-vingt pour cent des noyers cendrés de l’Ontario ont été déclarés extincts à cause d’un chancre et il est probable que le même pourcentage s’applique au Québec. Jack confie qu’en cette saison, lui et sa famille ramassent des noix cendrées. Il recommande de les écaler et de les faire sécher pendant 60 jours dans le grenier. «Vous ne pouvez pas les manger quand elles sont vertes, elles sont trop amères, mais dès qu’elles sont sèches, cassez la coquille; un travail ardu, mais ça vaut le coup. La noix est délicieuse, et se conserve bien. Elle se mange telle quelle et n’a pas à être rôtie. C’est un merveilleux ajout au dîner de Noël.»

Le noyer cendré (juglans cinerea ou butternut) souffre du chancre du noyer depuis 40 ans. En 2002, il a été déclaré en danger par le comité sur le Statut de la flore et de la faune en danger au Canada (COSFFAC) et en 2005, protégé comme faisant partie de la Loi sur les espèces à risque. Le chancre du noyer cendré, un champignon qui crée une blessure, apparaît comme des taches noires longues et creuses. Jusqu’ici aucun noyer cendré n’a résisté au champignon et il n’existe pas de remède. Cependant, les Services canadiens de Foresterie ont identifié des stratégies pour favoriser la survie de l’arbre. Ils recommandent de conserver tous les arbres dépourvus de chancres qui ont 50% ou plus de couronne vivante et de supprimer tout arbre dont 20% ou plus de la circonférence du tronc est affecté par le champignon ou dont plus de la moitié de la couronne est endommagée. Tailler les branches affectées et couper les chancres sur le tronc peut prolonger la vie de l’arbre.

Traduction: Guy Côté