En premier lieu, il se trouve à West Brome, un hameau bucolique qui, sauf l’exception du vénérable magasin général Edwards, n’est pas réputé comme phare du commerce au détail.

Secundo, il loge dans la maison Hungerford construite en 1837, rénovée et agrandie, l’une des plus vieille demeure des Cantons-de- l’Est. Qui plus est, il ne s’apparente pas à un type précis de magasin. On y découvre des savons et potions artisanaux de salles d’ablutions, concoctés par un partenaire anonyme qui peut ou non porter le nom de Sykes.

Cette boutique achète et vend des antiquités de tout acabit, des meubles en pin récupérés à des colonnes architecturales costaudes, des machines à écrire manuelles robustes à des objets en fer forgé.

On y repère porcelaines antiques, objets utilitaires émaillés de récente facture, vases, lampes, mangeoires, pots de confitures écossaises et, à noter, de fameuses peintures anglaises décoratives Annie Sloan à la chaux, qu’on ne trouve que rarement en Amérique du Nord.

Finalement, il y a des choses à foison qui savent chatouiller l’imagination du partenaire fébrile de cette entreprise, le fort sympathique Mark McGee. Lui et son associé silencieux ont acheté la propriété il y a sept ans, et complètement repensé le rez-de-chaussée lumineux, tout en honorant son cachet patrimonial, puis ouvert leur commerce deux ans plus tard.

L’entreprise est florissante depuis lors. M. McGee a connu 25 ans de réussite dans les tranchées de la haute technologie au centre-ville de Montréal. Son partenaire et lui ont acheté et ravivé de nombreuses propriétés citadines. Quand ils ont vu la maison Hungerford, ils l’ont achetée, gardée, puis ont fui la vie urbaine.

«Ma mère était antiquaire, donc ça doit couler dans mes veines,» a dit ce natif du West Island un jour frisquet de novembre. «Nous nous sommes dits ‘lançons-nous’. Mais, cette passion ayant entre- temps bien changé nous avons cherché une nouvelle niche.» D’où Sykes & McGee.

Pendant cette conversation, il exhibait un vieux singe grimpant, une des curiosités qu’il a dénichées en fouinant dans des sous-sols, granges, débarras, ventes de succession pour alimenter des designers et loyaux clients.

Il salive à la vue d’un amas d’anciennes palettes qu’il trans- formera en tables, puis montre en passant un livre étoffé sur Berlin qu’il a pondu lors d’une existence passée. Il affirme, et c’est bien évident, ne «regretter aucunement être passé de la haute technologie au très terre-à-terre et se dit plus heureux que jamais.»

Renseignements: sykesandmcgee.com 450-776-0982. Ouvert au 3, Ch. McCurdy du mercredi au dimanche.

Traduction: Jean-Claude Lefebvre