Arthur Reil, un résident de Knowlton, est un héros de guerre qui n’a jamais tiré un coup de feu sous l’effet de la colère. Natif de Frelighsburg, il a quitté la ferme à 19 ans pour se rendre à Granby et s’enrôler dans l’armée en mars 1940. «La guerre, c’était l’enfer» de dire M. Reil. Il a passé 30 heures dans les eaux glaciales de la Manche en 1944 quand un avion allemand a coulé un convoi transportant des camions et véhicules militaires dont il avait charge dans le cadre du Jour J, le débarquement en France en juin 1944.

«Nous étions 32 bien encordés. Seuls huit ont survécu. À mesure qu’un des nôtres mourait, il était remis à la mer», se souvient M. Reil. «Nous avons été repêchés par des PT boats américains.»

Le sergent Reil était si proche du trépas qu’il ne se souvenait pas d’avoir été secouru quand il s’est réveillé dans un hôpital anglais. Il s’est rétabli puis est retourné à sa base de White Hill dans le sud de l’Angleterre pour assembler des véhicules provenant du Canada et des États-Unis. Après le débarquement, Art était responsable des chauffeurs militaires qui livraient les camions en France. À la fin de la guerre, il accompagnait les militaires canadiens en Hollande.

Arthur Robert Reil, l’aîné de sept enfants, est né le 5 août 1920 à Frelighsburg sur la ferme familiale sixième année. Il trayait 15 vaches, séparait la crème du lait et transportait le tout à Frelighsburg à bord d’une charette tirée par un cheval.

Quand il a eu 16 ans, la famille a acheté une camionnette Model T, ce qui facilitait les déplacements et les corvées. Comme la plupart des fermiers, il pouvait réparer la simple mécanique du Ford et voir au bon fonctionnement de la batteuse.

Il s’est bien familiarisé avec des moteurs et l’équipement du matériel agricole de la famille dont il avait essentiellement la charge dès l’âge de 12 ans. L’armée l’a rompu aux arts de la mécanique et il a atteint le grade de sergent-major, responsable du bon état du matériel et de la super- vision des chauffeurs.

À la fin des hostilités, il est demeuré en Angleterre pour faire le tri; certains véhicules sont passés aux encans, d’autres à la récupération du métal. Il est finalement revenu au bercail à la f in de 1946 et a travaillé comme mécanicien chez General Motors à Granby pendant 12 ans.

M. Reil a épousé une Anglaise outre-mer qui l’a suivi au Canada. Ils ont eu quatre enfants, mais le mariage s’est dissout pendant les années 1950. Puis il a travaillé à Vancouver, pour finalement aboutir à Bondville où il a fait divers travaux et réparé des petits moteurs, dont des tondeuses. En 2005, il a emménagé à Knowlbanks.

S’il est un peu frêle, son esprit demeure vif. Quand on lui demande son numéro matricule il répond tout de go: 156654. Et il a toujours son per- mis de conduire.

«Art est un personnage solide, résilient, intéressant, intelligent et débrouillard», de dire Florence Burnham, du chemin Brill à Bolton-Ouest. Je suis heureuse de l’avoir comme bon ami.»