Le Conseil de VLB fait face à une décision délicate (voir l’article Des résidents qui veulent la paix). Une association de propriétaires de bateaux moteur demande à la ville de lui accorder une dérogation mineure afin d’allonger un quai plus avant dans le lac pour y garer plus de bateaux, juste au bout du chemin Cedar Bay.

En 2004, la permission de construire ce quai avait fait beaucoup de bruit. Dans un éditorial paru en mars 2005, Tempo avait écrit: «Dans une telle zone, un quai dépend de l’existence d’une résidence (…). Il n’y a pas de résidence sur le lot 928-P. Selon les règlements de zonage, R-10 (Lac-Brome) règlemente les activités nautiques sur le lac; on y fait nulle mention de quais. Une marina est interdite.»

Plus de 70 servitudes d’accès au lac plus tard, le droit des résidents de Cedar Bay à la jouissance tranquille de leur propriété est plus que jamais remis en cause.

Dans sa demande au conseil, l’association des proprios de bateaux promet de mieux gérer le trafic et le stationnement des voitures sur Cedar Bay. Le problème est que, vu leur expérience des 13 dernières années, les résidents ne croient pas en cette promesse.

Le conseil est donc pris entre l’arbre et l’écorce. Accordée ou pas, la dérogation ne règlera pas la congestion sur Cedar Bay. La question est de savoir comment la rendre plus supportable pour les résidents. Avant de trancher, le conseil doit répondre à deux questions-clé. Refuser la dérogation causerait-elle un «préjudice sérieux» au demandeur? Tempo estime que non. Accorder la dérogation porterait-elle atteinte «à la jouissance du droit de propriété des propriétaires des immeubles voisins»? Tempo estime que oui.

Dans son éditorial de mars 2005, Tempo disait: «Voilà une compagnie qui achète un terrain résidentiel privé, qui comporte un droit de passage, pour le transformer en allée et en terrain de stationnement pour voitures et remorques de bateaux au service d’une aire comportant de nombreuses maisons. (…) Cedar Bay a tout d’une tragédie en cours.» Un édito qui voyait loin.

Si le conseil dit oui, il donne à l’association et au propriétaire une autre chance dans l’espoir que l’endroit sera mieux géré à l’avenir, et cela sans garantie aucune. Cela signifierait que la décision de la ville en 2004, bien qu’elle ne puisse être renversée, était la bonne. Cela enverrait le message qu’il est acceptable, en principe, d’avoir plus de bateaux à moteur sur un lac fragile et qui se bat contre l’érosion. Un problème que la ville tente, par ailleurs, d’atténuer avec l’aide de Renaissance Lac Brome.

À court terme, un refus du conseil en cette année électorale est susceptible d’indisposer le propriétaire du terrain et l’association des proprios de bateaux. À plus long terme, un refus enverrait le message que ce conseil n’est pas d’accord avec la décision de 2004. Une mauvaise décision ne peut être améliorée en y superposant une autre mauvaise décision. Assez c’est assez.

Tempo estime qu’il faut dire non à cette dérogation.

Quelle que soit la décision du conseil, les règles de sécurité doivent être respectées sur Cedar Bay afin de permettre le passage de véhicules d’urgence – Premiers répondants, ambulances et pompiers – en tout temps. La sécurité des gens passe en premier. Si le savoir-vivre ne peut être imposé, à tout le moins des limites de bruit doivent l’être à travers l’ensemble de la MRC et cela comprend le chemin Cedar Bay.

Il s’agit ici d’un test de volonté politique. Pour paraphraser l’éditorial de 2005 le maire et les conseillers doivent accepter que «La première préoccupation d’un conseiller est d’assurer le bien-être des citoyens et d’être à l’écoute des besoins des citoyens.»

Toujours aussi vrai 12 ans plus tard.