Les transactions immobilières n’ont jamais été aussi nombreuses à Ville de Lac-Brome depuis 50 ans. «Les maisons se vendent dans les deux jours suivant leur inscription, alors que dans le passé, elles restaient sur le marché pendant six mois ou plus», affirme un agent local.

Il y a des offres multiples sur la même maison, comme dans les grandes villes, du jamais vu. Une vieille maison de West Brome s’est vendue en deux jours, et la proprio a obtenu plus que le prix demandé.

C’est une des conséquences de la pandémie de COVID-19. De nombreux acheteurs veulent quitter Montréal pour aller vivre dans une communauté à une distance raisonnable pour les aller-retour et l’accès à l’internet à haute vitesse. Si on doit travailler à domicile, pourquoi pas ici. De plus, plusieurs endroits de villégiature sont hors d’atteinte. La frontière américaine reste fermée. Les gens qui passent l’hiver en Floride ne pourront peut-être pas y retourner, et des résidents nous ont dit qu’ils n’y retourneront pas l’hiver prochain, même si c’est permis.

C’est un phénomène reconnu en Europe et en Amérique. Les propriétés rurales connaissent une augmentation de la demande et des prix à l’extérieur de Toronto, Londres ainsi qu’à New-York.

Les ventes explosent, mais les prix montent aussi, comme le démontre le montant des taxes collectées à VLB. Voici les sommes fournies par la municipalité:

• 2019: 1er janvier au 31 juillet: 144 transactions pour 747 939$ en taxes de transfert (taxe bienvenue).

• 2020: 1er janvier au 31 juillet: 190 transactions pour 1 266 624$ en taxes de transfert (taxe bienvenue).

L’augmentation du montant de taxe de transfert, qui équivaut à un pourcentage du prix de vente, indique que les prix grimpent, ce que confirment plusieurs agents immobiliers d’ici.

«L’année 2020 devrait être la meilleure (pour les ventes immobilières) dans l’histoire de Ville de Lac-Brome» dit Caroline Cusson, directrice des finances de la ville. L’an passé, la ville a collecté 1.4 million en taxes de transfert. Ce montant sera certainement dépassé quand les statistiques seront publiées en août. «Jusqu’ici, on prévoit une augmentation de 32% dans les transactions et de 69% dans les montants collectés.»

Un agent nous confie: «il n’y a pas de condos sur le marché, et les inscriptions occasionnelles se vendent vite. Même chose sur le bord du lac, sauf pour les propriétés très chères.»

Traduction: Guy Côté

Quelques chiffres comparatifs 2019-2020

En 2019, du 5 mars au 12 août, on dénombre à VLB la vente de 58 maisons unifamiliales.

Leur prix moyen était de 397 504$ et le nombre moyen de jours sur le marché était de 261. Pour la même période en 2020, on dénombre 83 ventes avec un prix moyen de 671 156$ et une moyenne de 152 jours sur le marché.

• De 0 à 500 000$: 44 ventes dans cette période en 2019. En 2020 il y eut 40 ventes. Le prix moyen est passé de 270 562$ en 2019 à 296 122$ en 2020 et les jours sur le marché ont baissé de 204 à 168.

• De 500 000$ à 1 million: 12 ventes en 2019 et 28 en 2020. Les prix moyens ont monté de 683 792$ à 715 927$ en 2020. Les jours sur le marché sont passé de 497 à 139 en 2020.

• Un million et plus: deux ventes en 2019 et 14 en 2020. La moyenne pour les deux en 2019 était: 1 472 500$. Le prix moyen en 2020 pour ce créneau de prix dans les cinq derniers mois est 1 653 143$. Le nombre de jours sur le marché est passé de 83 à 133. Cette augmentation des jours sur le marché en 2020 pourrait s’expliquer par le fait qu’une partie de ces maisons avait été sur le marché pendant longtemps.

Traduction: Guy Côté