Le dernier droit du retour à la normale de Canards Lac-Brome, après deux ans de malheurs découlant d’incendies, s’amorcera en octobre par un rassemblement de première pelletée visant la reconstruction des installations d’ici le tout début de 2018.

«Après l’incendie catastrophique de juillet 2016 à Knowlton qui a détruit les installations administratives, comptables et informa- tiques, le centre de distribution et la boutique, ainsi que trois entrepôts, de dire Claude Trottier, le PDG, il n’aurait servi à rien de se pencher sur la reconstruction sans d’abord combler le manque de production. Il importait au plus haut point de garantir la livraison de nos lignes usuelles de produits pour prévenir une fuite de clients et consommateurs vers des concurrents nationaux et internationaux. Tout ceci alors que quelque 10 000 oiseaux atteignent leur poids de mise en marché chaque jour et qu’autant d’oeufs éclosent. Le convoyeur ne possède pas de mode pause.»

Le désastre a permis de repenser le plan d’affaires à court comme à long terme, y compris le passage de la capacité de deux à quatre millions d’oiseaux, voire cinq millions plus tard, tous pondus ici et amenés au stade de poussins, puis élevés ici ou à contrat par des entrepreneurs de, par exemple, Racine, Saint-Georges-de-Windsor et Upton. Il fallait aussi s’assurer de ne pas mettre trop d’oeufs dans un même panier.

D’autre part, les activités d’abattage à Asbestos avaient déjà besoin d’expansion. Heureusement, grâce à l’acquisition en fin de 2015 d’une entreprise du même type, son équipement et ses lignes de production ont rapidement été remis en état et relevés aux normes de Canards Lac-Brome et de l’ACIA (Agence canadienne d’inspection des aliments), puis le personnel rompu aux méthodes de traitement des canards.

Ces solutions de rechange ont causé des cauchemars de logis- tique, dont, d’une part, le transport d’oiseaux vivants à une usine de l’Indiana – songez à la paperasserie – dotée d’un surcroît de capa- cité qu’aucune autre usine de ce côté du continent, ici ou aux É.-U., ne pouvait offrir en-dedans de 12 heures de route, et d’autre part, le débit accéléré des opérations d’entrepreneurs locaux, surtout au Québec, pour combler la carence d’élevage et leur fournir la moulée que Knowlton produit. En parallèle, le travail d’administration, de la boutique et ainsi de suite s’est fait et se poursuivra dans sept roulottes, pendant encore quelques mois.

Quant aux trois incendies (Racine, St-Camille et Knowlton) en six mois, fort probablement causés par des défaillances électriques et de chauffage, ils ont imposé un colossal fardeau. L’un dans l’autre, la firme et ses employés ont surmonté la tempête. Il y a encore 250 employés à Knowlton, quoique moins qu’avant les événements, l’abattage se faisant dans deux locaux à Asbestos. Seuls quelques employés se sont relocalisés à une heure et demie d’ici.