Robyn Bryant, special collaborator

Au printemps, on nous rappelle de se prémunir, à l’occasion de périples dans les bois, contre les tiques à pattes noires porteuses de la maladie de Lyme. Pourtant, la plupart des gens dans la région du lac Brome piqués par cette bestiole clameront avoir l’été dans leur jardin – dans le potager, en empilant du bois ou en ratissant.

Au Canada, où la maladie de Lyme est de facture plutôt récente, les campagnes de prévention ont mis l’accent sur les parcs et les sentiers pédestres. Mais on parle peu des risques près du domicile.

Il n’en va pas de même aux É.-U. où la maladie de Lyme prévaut depuis des décennies. Au Connecticut, où elle a d’abord été identifiée et où les maisons convolent avec les bois, un peu comme ici, les instances veillant à la santé préconisent une gamme de mesures de prévention, dont la constitution de zones de détente dans le jardin moins invitantes pour les tiques.

Que préfèrent les tiques?

Celles qui injectent la bactérie maléfique pendant leur festin vivent dans des environnements humides. Il s’agit de feuilles mortes tapissant les forêts, mais aussi de platebandes de vivaces ombrophiles, murs de pierres, bords échevelés de pelouses jouxtant les bois.

Les tiques ne sautent pas ni ne volent, elles attendent plutôt qu’un hôte à sang chaud se frotte contre elles pour monter à bord. Elles s’assèchent et meurent dans une pelouse bien rasée, le gravier, les copeaux et la surface dure des pierres de pavage. Ceci aide à minimiser votre risque de morsure quand vous êtes assis sur votre patio. Par contre, les activités dans le jardin, dans un milieu de feuilles mortes et de buissons, surtout dans les coins ombragés, exigent de la vigilance (douche et repérage visuel de tiques).

Outre l’humidité, les tiques ont besoins d’hôtes à sang chaud pour se nourrir. Les jeunes tiques comptent sur les oiseaux et les petits mammifères, dont les suisses et, surtout, les souris à pattes blanches. Les adultes préfèrent les animaux de bonne taille, dont chevreuils, ratons laveurs et écureuils. Ces animaux peuvent tous laisser des tiques tomber dans votre jardin, un risque qui peut être diminué en libérant votre propriété de sources invitantes de nourriture.

Création paysagère d’une zone libre de tiques (U.S. Centre for Disease Control)
Coupez les herbages et buissons autour de la maison et en bordure des pelouses.
Installez une bordure d’un mètre de copeaux ou gravier entre les pelouses et les boisés et autour des patios et aires de jeu.
Passez la tondeuse souvent et ratissez les feuilles.
Installez les zones de jeu et les patios à l’écart des limites du ter- rain et au soleil.

Gestion animalière (Connecticut Tick Management Handbook)
Éloignez les chevreuils avec des clôtures ou des plantes qu’ils n’aiment pas.
Veillez à ce que les aires possibles de nidification dans les murs de pierre et les empilements de bois soient libres de buissons, graminées, mauvaises herbes et amas de feuilles.
Empilez le bois nettement et dans un secteur sec loin de la maison

Installez les mangeoires au soleil et à l’écart de la maison et des platebandes. Débarrassez les restants de graines (les souris et ratons laveurs sortent la nuit).
Les oiseaux ne sont pas porteurs de jeunes tiques l’hiver, donc pensez à disposer les mangeoires tard l’automne ou en hiver quand la nourriture se fait rare.

 

Traduction: Jean-Claude Lefebvre