Avez-vous remarqué les dizaines d’arbres littéralement passés à la tronçonneuse le long du sentier Coldbrook, – une fois traversé les deux nouvelles passerelles – ? Triste vue s’il en est… Du sentier Coldbrook jusqu’au bord du lac, s’étend en effet toute une bande d’arbres, sauvagement sciés, sans égard à leur morphologie et dont les troncs désormais dégarnis, plantés là tels des squelettes, offrent aux passants une vue parfaitement désolante… mais au propriétaire, une vue sans obstacle sur le lac.

Comment se fait-il que la Ville ait laissé faire un tel massacre? «Nous ne pouvons malheureusement pas faire grand chose, une fois les arbres élagués. On ne peut qu’identifier ceux qui ne repousseront pas et imposer une amende en conséquence», explique Tommy Cioc, inspecteur en Environnement à Ville de Lac-Brome. «Il existe bel et bien une réglementation concernant la coupe des arbres. Ainsi on ne peut couper un arbre que s’il est malade, dangereux, nuit à la croissance d’autres arbres ou s’il empêche la construction d’une habitation par exemple. Mais dans le cas de cette propriété, le propriétaire a «élagué» et non abattu les arbres. D’où la difficulté de sévir même si l’élagage est visiblement trop sévère.»

S’informer avant de couper

«Avant de commettre un tel massacre, les propriétaires et même les entrepreneurs qui participent à de tels projets devraient à tout le moins s’informer de la réglementation municipale sur la coupe des arbres entre autres», insiste monsieur Cioc. Les résidents peuvent aussi porter plainte s’ils remarquent des activités douteuses sur des propriétés. Les propriétaires n’ont pas tous les droits sur leur terrain.

L’emprise publique ignorée

Autre problème le long du sentier Coldbrook: l’emprise publique c’est-à-dire la portion de terrain adjacente au sentier qui appartient à la municipalité, n’est malheureusement pas respectée par un nombre important de propriétaires qui y coupent, plantent, aménagent à peu près tout ce que bon leur semble, alors que de telles activités sont interdites. «Nous n’avons pas les ressources pour inspecter chaque parcelle de terrain, ajoute Tommy Cioc, mais aussitôt que nous sommes avertis d’une apparente infraction, nous intervenons.» De toute évidence, peu de gens savent ou ignorent consciemment que cette emprise est de 90 pi (environ 27 mètres) tout le long du sentier, et qu’il est interdit d’y aménager quoi que ce soit.

«La Ville compte faire parvenir sous peu à tous les résidents de Lac-Brome une lettre leur rappelant que cette emprise de chaque côté du sentier Coldbrook ne peut être aménagée, sous peine d’amende, par les propriétaires des terrains adjacents», a d’ailleurs confié à Tempo, le directeur général de VLB, monsieur Gilbert Arel.