• Il y a près de la marina une femme décidément perplexe. Un bon matin, pendant qu’elle déambulait dans son jardin, elle a découvert un beurrier rectangulaire en plastique rempli de beurre bien jaune tout contre sa clôture. Elle n’a pu que supposer qu’une bête affamée et audacieuse l’avait subtilisé d’une petite table de patio chez des voisins. Si seulement les écureuils, ratons laveurs et corneilles pouvaient nous jaser, peut-être saurions-nous pourquoi on voulait lui passer de la pommade.

• Pendant qu’une dame revenait de Cowansville, sa bagnole s’est mise à gémir sérieusement. Craignant que cela pouvait annoncer un quelconque désastre, elle s’est rangée sur l’accotement pour consulter les voyants d’urgence du tableau de bord. Rien. Elle a donc feuilleté le manuel du proprio pour en savoir davantage. Comme le signal sonore s’était tu, elle a pour- suivi sa route vers Knowlton. La chanson exaspérante ayant repris son cirque, elle s’est arrêtée chez DCS pour expliquer sa mésaventure. On l’a reconduite chez elle pour attendre la suite des choses.

Peu après, un coup de fil lui a appris qu’une boîte plutôt lourde posée sur le siège du passager, avait, en l’absence d’un postérieur, amené la voiture à déclencher l’avertisseur d’une ceinture non sanglée. À bon entendeur, salut.

• Une dame, énervée par des ratons laveurs qui fouinaient dans ses déchets, a placé un 4×4 sur son bac noir et l’a coincé sous le rail de la balustrade. Comme elle n’avait que peu à jeter, ce n’est que la semaine sui- vante qu’elle a ouvert son bac noir, pour y découvrir un très gros raton laveur mélancolique la regardant abasourdi. Après une semaine de régime limité à des papiers d’emballage de bouffe, la pauvre bête, d’énergie privée, ne pouvait se sortir de son mauvais pas. Prenant l’animal en pitié, elle a couché le bac sur son côté, permettant à la bête de rouler sa bosse, après un temps arrêt, comme pour dire «Merci, mais cette fois-ci seulement».

Traduction: Jean-Claude Lefebvre