Nous nous moquons de Toronto lorsqu’elle s’écroule sous cinq centimètres de neige. À Lac-Brome, peu importe les conditions, nous sommes assurés que nous nous en sortirons. Pour quelles raisons? À 3h45, le 24 janvier, je rejoignis, au garage municipal, Alan Wilms, le plus ancien déneigeur de l’équipe, afin de trouver la réponse.

Les déneigeurs débutent leur quart à 4h. Ce jour-là, les rues ressemblaient à des patinoires. Prévoyant cela, des chaînes avaient été montées la veille sur les camions, et quelques centimètres de neige avaient été laissés sur les rues afin de fournir une surface rugueuse. La première tâche consistait à gratter la surface et ajouter du gravillon. Plus tard, avec de la pluie et une température plus chaude, il sera possible de nettoyer à fond les 110 km de rues asphaltées et d’y épandre du gravillon. Quant aux 174 km de routes non asphaltées, elles ne peuvent qu’être gravillonnées.

Lac-Brome n’est qu’une petite municipalité, mais elle a 284 km à déneiger. Les routes rurales non asphaltées sont principalement déneigées par des entrepreneurs. Les camionneurs municipaux se concentrent sur le réseau résidentiel urbain. Le camion d’Alan, le plus petit de la flotte, est idéal pour ce type de voie urbaine. Dès 6h30, son itinéraire est terminé et nous retournons au garage pour faire le plein de gravillon. Un plein chargement de gravillon peut être épandu en seulement 15 minutes. Il semble que deux déneigeuses de municipalités voisines auraient dérapé dans le fossé. Je croyais que les déneigeuses étaient invulnérables. Le log du parcours, l’expérience d’Alan nous a évité bien des ennuis, mais j’ai appris de première main combien glissantes peuvent être les côtes raides, les virages serrés et les fossés. La radio est le lien vital des camionneurs alors que les conditions routières changent sans cesse. Les problèmes sont résolus collectivement en temps réel. Le sens de camaraderie est tangible.

Alors que je retournais à la maison vers 10h, Alan et son équipe étaient toujours à l’œuvre et le seront pour plusieurs heures ce jour-là. Si nous n’aimons pas nous faire réveiller à 6h ou à avoir à nettoyer l’accès à notre entrée privée, pensons que ce sont leurs efforts qui nous ont permis de nous ren- dre au travail, à l’école, chez les commerçants, chez nos amis ainsi qu’à notre voyage vers le soleil. Ils permettent de se moquer de Toronto.

Finalement – le bras robot du camion à ben a une portée de 10 pieds. Prière de ne pas placer vos bacs sur la route. Une voiture peut bloquer le déneigement de votre rue.

Notes sur le déneigement à Lac-Brome

• La ville déneige 284 km de chemins: 174 km de routes de gravier et 110 km de rues asphaltées. La ville déneige la route 104 à partir du Chemin Brome jusqu’à Lakeside et Lakeside du Chemin Knowlton à Victoria. Le reste des routes provinciales sont déneigées par un sous-contractant du MTQ.

• Neuf employés conduisent les déneigeuses en plus d’un inspecteur. Entre six et sept entrepreneurs font le reste.

• Un quart de travail régulier est de cinq heures par trajet incluant l’épandage de sel ou de sable. Une chute de neige de 24 heures ou plus, les employés déneigeront pendant huit heures, puis ils iront se reposer et retourneront travailler. Il y a des limites légales quotidiennes de temps de conduite de camion.

• La ville a cinq camions déneigeurs, trois tracteurs, incluant la déneigeuse de trottoirs, une niveleuse et un camion de réserve en cas de problèmes mécaniques. Il y a un mécanicien à temps plein.

• La ville utilise 3 500 tonnes de gravier/sable et 1 200 tonnes de sel. Les entrepreneurs utilisent seulement du gravier/sel sur les routes non asphaltées.

Traduction: Michel Morin