Les résidents du chemin Cedar Bay s’opposent vivement à l’octroi d’une dérogation mineure qui allongerait de cinq mètres, pour le porter à plus de 28 mètres, le quai à emplacements multiples qui se trouve au bout de leur chemin. Ils étaient nombreux lors de la dernière séance du conseil de VLB à signifier leur opposition. L’association de propriétaires de bateaux-moteurs souhaite porter de 10 à 12 le nombre de bateaux ancrés au bout de ce chemin privé.

Pendant les week-ends d’été, les résidents du chemin Cedar Bay voient leur quiétude prise d’assaut par des véhicules et des remorques qui amènent les bateaux à l’eau. Le propriétaire du terrain, Fernand Barsalou, des Boisés Inverness Inc., a obtenu le droit d’installer un quai collectif à Cedar Bay en 2004. Depuis, selon le Registre foncier du Québec, plus de 70 servitudes de passage au lac ont été enregistrées et vendues dans Cedar Bay. Selon les témoignages des résidents entendus lors de la séance du conseil, cette situation cause une nuisance majeure qui empêche les propriétaires de profiter de la jouissance de leur propriété sur le chemin Cedar Bay. «Agrandir le quai va simplement augmenter le problème » a affirmé un résident.

À la recherche d’un compromis

Michel Doyon représente l’association des propriétaires de bateaux de Cedar Bay. Son association, une OSBL «veut gérer la nouvelle infrastructure et réduire les effets néfastes si la dérogation est approuvée. Nous voulons tous profiter du lac». À la suite d’entretiens entre les résidents, l’association et la ville, M. Doyon a promis d’apporter des améliorations comme l’affichage, l’installation d’une chaîne pour délimiter l’aire de stationnement. Quand le maire lui a demandé si cela représentait une garantie, M. Doyon a répondu «je ne suis pas policier mais nous ferons certainement du mieux qu’on pourra pour faire respecter cela».

Les résidents ne voient pas là de garantie. L’un d’entre eux a indiqué «nous avons eu de bonnes discussions avec l’association, mais le dernier mot sur ce quai appartient au propriétaire qui ne s’est pas manifesté». Lorsque Tempo a demandé à M. Doyon pourquoi le propriétaire n’était pas venu lui-même à la séance du conseil pour répondre aux inquiétudes, il a répondu que M. Barsalou était en voyage.

Le CCU approuve la dérogation

En décembre dernier, le conseil avait décidé de reporter sa décision sur cet enjeu après que les comités d’environnement et d’urbanisme eurent recommandé d’accorder la dérogation. À sa réunion de février, le Comité consultatif d’urbanisme (CCU) a entendu les résidents de Cedar Bay. La demande a été soumise au vote. C’est le vote du président, le conseiller Robert Laflamme, qui a brisé l’égalité des voix 4-3 en faveur de la dérogation.

À la séance du conseil en mars, le maire a promis qu’une décision serait prise lors de la séance d’avril. Entretemps, les parties tenteront d’en venir à une entente sans perdre de vue que le but d’une dérogation mineure est de parvenir à une solution satisfaisante pour toutes les parties là où la réglementation ne peut y parvenir.