En 2018 l’entreprise manufacturière kdc/one Knowlton (Knowlton Development Corporation), qui emploie près de 900 travailleurs, était en crise. «Nous avions un besoin criant d’employés. J’ai donc décidé de sonner l’alarme à la MRC Brome-Missisquoi. Et ce sont principalement les ressources mises à notre disposition par la MRC qui nous ont permis de régler notre problème», confie Kim Gobeil, spécialiste en Ressources humaines chez kdc/one.

Grâce à elles, Madame Gobeil a réussi à attirer à l’usine près d’une quarantaine d’immigrants, des Nigériens pour la plupart: «Avec la MRC, le SERY (Solidarité ethnique régionale de la Yamaska), des organismes communautaires et même de simples citoyens, nous les avons aidés à s’installer, à trouver des écoles pour leurs enfants, un logement etc. Nous avons même mis sur pied un moyen de transport qui convenait à leurs horaires de travail, entre Cowansville et Knowlton puisqu’il y a peu de logements locatifs ici à VLB. Et maintenant ils ont accès à des cours de francisation également adaptés à leurs horaires de travail, au campus Brome-Missisquoi à Cowansville».

Pour attirer de nouveaux travailleurs l’entreprise n’a pas hésité à bonifier ses salaires, ses avantages sociaux (mise en place d’un nouveau programme d’assurance dentaire entre autres), ni à organiser de nouvelles formations. «On ne peut plus recruter via les moyens traditionnels, précise Madame Gobeil. Par exemple je ne tenterais plus de débaucher un employé chez mes concurrents locaux, ils en ont autant besoin que moi, mais je regarde ailleurs, à l’extérieur de la région et même du Québec. Et la MRC peut aider les entreprises à faire ce genre de démarches. L’aide que j’ai reçue de la part de son équipe de conseillers a vraiment dépassé mes attentes!»

«Vous savez, le conseil que je donnerais aux entrepreneurs ou aux commerçants, c’est de faire appel à des ressources non traditionnelles. Et surtout ne pas avoir peur d’avoir peur. C’est vrai qu’un migrant qui est arrivé des Etats-Unis par le chemin Roxham, peut être contraint au bout d’un certain temps à retourner d’où il vient, mais un travailleur d’ici peut aussi vous quitter au bout de quelques mois non? Alors il faut prendre des risques et ça marche la plupart du temps.»

Statistiques encourageantes. Selon Frey Alberto Guevara, directeur général du SERY Cowansville, «80%» des immigrants qui choisissent de s’installer en région y restent. Ceux qui retournent dans les grandes villes comme Montréal le font en général pour suivre leurs enfants à l’université ou rejoindre des membres de leur famille».