Coup de fil à Alan Gauthier, propriétaire du gym Athletica. Nous sommes le 15 mai. Les commerces sont «en pause pandémie» depuis deux mois déjà: «Alors vous pensez pouvoir vous en sortir? – Je ne sais vraiment pas. Ça fait exactement 20 ans que j’ai ouvert ce gym. On comptait d’ailleurs célébrer l’événement aujourd’hui même. Or je suis seul ici en ce moment et prépare les lieux pour une éventuelle réouverture.» Le ton est triste et inquiet. L’heure n’est de toute évidence pas à la fête, comme pour à peu près toutes les entreprises locales qui accusent le contrecoup de la COVID-19.

Quand le gym rouvrira ses portes, Alan Gauthier ne pourra accueillir que six personnes à la fois en salle et la moitié de ses équipements auront été remisés. «Financièrement ce sera très serré,

dit-il, puisque ceux qui ont déjà payé leur abonnement devront reprendre les mois perdus, donc on ne pourra rattraper rapidement notre niveau de revenu.» Malgré tout, lui et son épouse n’ont pas hésité à prêter main forte à divers organismes du village qui sont venus en aide aux citoyens les plus affectés par la pandémie ainsi qu’aux travailleurs des services essentiels, dont ceux du réseau de la Santé.

«J’aurais aimé que la Ville nous offre certaines déductions de taxes ou nous aide financièrement d’une façon ou d’une autre. Il y a un surplus budgétaire en ce moment à la Ville non!»

Beaucoup d’inquiétude

Même ton inquiet chez les propriétaires de la boutique Windrush, chemin Lakeside à Knowlton. Début juin ils avaient reçu le feu vert pour rouvrir leurs portes. «Les acheteurs locaux reviendront-ils? Y aura-t-il des touristes? Autant de questions sans réponses. Rien ne garantissait encore qu’ils allaient pouvoir récupérer les pertes des derniers mois, ni même s’en sortir même s’ils avaient mis des économies de côté en prévision des jours difficiles.

«Pour nous le plus déprimant ce fut de ne pouvoir accueillir aucun client en salle», déclare tout de go Normand Rousseau copropriétaire du Buzz Café. Mais on a une clientèle absolument merveilleuse qui a continué de nous supporter. Notre service de plats à emporter nous a permis de payer le loyer, l’électricité, etc.». Outre le restaurant, qui a dû être mis en pause, le service de traiteur à domicile, offert lors d’événements spéciaux, a carrément «pris le bord» comme dit Normand Rousseau, mettant à mal une source de revenus importante pour les deux copropriétaires. Malgré tout, eux aussi ont apporté bénévolement des repas réconfortants aux travailleurs essentiels. Avec un brin d’humour, le restaurateur souligne que la pandémie aura au moins remis les bonnes manières à l’ordre du jour, dont celle de se laver les mains!

À l’Auberge Jolivent, qui venait tout juste d’investir des sommes importantes en rénovation, le moment était très mal choisi pour cesser toute activité au printemps dernier. Choc, mises à pieds d’une partie du personnel scrupuleusement recruté, fermeture de l’auberge, puis, rapidement l’équipe se met en mode solution. Offre de repas gastronomiques pour emporter, réouverture du bar à pizza pour emporter, puis réouverture complète de la terrasse Le Mistral, avec respect des normes sanitaires. Mais que faire de la salle à manger l’Alizée, trop petite pour une réduction du nombre de tables? De la nécessité naît la lumière: «Nous avons donc décidé d’ouvrir dans cet espace un comptoir gourmand, pour accueillir les produits de nombreux producteurs locaux, et offrir certains de nos plats vedettes. Nous misons sur l’achat local pour rentabiliser cette nouvelle initiative», déclare enthousiaste Thanh Nguyen, propriétaire avec son époux du Domaine Jolivent, précisant qu’une table gastronomique sera tout de même offerte dans la section salon de l’auberge.