Le temps presse, la population vieillit, les entreprises ont de plus en plus de mal à recruter de la main-d’œuvre partout dans Brome-Missisquoi. C’est pour relever ces défis immenses que la MRC de Brome-Missisquoi a mis en place, avec les maires des 21 municipalités qui la composent – dont Lac-Brome, Bolton- Ouest et Brome, une stratégie qu’elle qualifie «d’ambitieuse, audacieuse et agressive» afin d’attirer 10 000 nouveaux travailleurs et 6 000 jeunes familles d’ici 10 ans. Pour appuyer cette volonté, une somme d’un million de dollars y sera consacrée au cours des trois prochaines années. Ce n’est qu’un début.

Des chiffres récents de l’Institut de la Statistique du Québec montrent que dans Brome-Missisquoi, la population âgée de plus de 50 ans a cru de 48% pendant que les moins de 50 ans diminuaient de 12% depuis 2001. On estime que la population en âge de travailler aura diminué de 6% dans 13 ans.

Pour atteindre ses objectifs, la MRC lance un appel à tous. «C’est une stratégie qui implique la collaboration de nos entreprises comme partenaires, nos citoyens comme ambassadeurs, nos municipalités et bien sûr nos jeunes» a lancé Sylvie Beauregard, mairesse de Cowansville et présidente du Centre local de Développement (CLD).

2 000 emplois disponibles

En ce moment, il y a 2 000 postes à pourvoir dans la MRC, nous dit son directeur général Robert Desmarais. «Il y aura des gens qui partiront à la retraite, les entreprises prendront de l’expansion, c’est ce qui fera la différence et qui nous amène aux 10 000 emplois souhaités d’ici 2028.»

Pour y parvenir, la MRC cible la population de Montréal et compte sur l’apport de l’immigration. Il faudra aussi améliorer l’offre de transport collectif et de logements abordables; ce sont deux empêchements majeurs qui freinent l’arrivée de nouveaux venus.

Le programme de la MRC s’articule autour d’outils de communication ciblés, de campagnes régionales de marketing, de soutien au développement de projets pour es jeunes, tout cela en vue de se démarquer et de devenir le premier choix de ceux qui veulent quitter Montréal ou déménager ailleurs.

Contribution des municipalités

Dans un entretien avec Tempo, le Maire de Lac-Brome, Richard Burcombe, est lui aussi d’avis que le logement abordable et le transport collectif sont des empêchements majeurs à la venue de nouveaux résidents dans la région. «Nous avons maintenant une plus grande capacité en eau qui nous permet de fournir de 400 à 500 nouvelles résidences. Nous sommes prêts à contribuer à cet effort. En ce qui concerne le transport, il faudrait que ça se fasse avec les entreprises qui ont besoin de travailleurs» explique le Maire Burcombe. Bien qu’un accroissement de la population soit un défi positif, il comporte aussi son lot de problèmes qu’il faudra examiner, estime le maire. «Par exemple, comment l’hôpital pourra-t-il répondre à l’afflux de 10 000 nouveaux travailleurs et leurs familles?» s’interroge le maire.

La stratégie est en place. Maintenant il faut s’asseoir et considérer le pour et le contre et réfléchir aussi au fait qu’il n’y a pas seulement pénurie de travailleurs mais aussi le fait que certains emplois n’ont plus le même pouvoir d’attraction, surtout chez les jeunes.