Née au Saguenay, formée en Colombie-Britannique, arrivée à Bromont avec famille et conjoint en 2004, la céramiste Rachel Grenon apprivoise depuis quelques mois son tout nouveau lieu de création, Knowlton. Un cadeau du ciel dans son parcours mouvementé. «Ici, c’est MON LIEU. Je sens que je suis à la bonne place.»

«C’est la première fois en 25 ans de carrière que je me paie un atelier hors de la maison», avoue-t-elle radieuse, en nous accueillant dans son «atelier de rêve», au Art lab du 341, chemin Knowlton.

À l’entrée de son espace de travail, ses pièces en porcelaine témoignent d’une démarche d’artisane et d’artiste libre et affirmée. Oser l’audace à table… et pourquoi pas?

Sur les tablettes, pas de couverts en série et peu de pièces tournées mais des oeuvres uniques, à la fois instinctives et maîtrisées, façonnées à partir de grandes plaques d’argile qu’elle roule, amincit, forme et peint au gré de son inspiration. Résultat: de grandes assiettes, des bols et des plats aux contours irréguliers, volontairement imparfaits. Des oeuvres d’art certes mais conviviales et, comme elle explique, «destinées à de grands soupers entre amis où chaque convive aurait le loisir de choisir SON couvert, un couvert à son image. Ce serait chouette non?» lance-t-elle enthousiaste. «Mes grandes assiettes sont mes oeuvres chouchou vous savez car elles symbolisent parfaitement le plaisir de partager.»

Cette approche éclatée de l’art de la table, lui attire déjà une renommée enviable ailleurs au Canada et dans le monde. Cet été la McLoughlin Garden Society de Colombie-Britannique lui offre entre autres, cinq semaines de résidence en bord de mer pour réaliser son projet Water Effect. «La totale! Surtout pour une fille qui adore l’eau comme moi.»

Que ce soit le bord de mer, la petite cabane à Rachel où elle se réfugiait près du chalet familial «mon premier lieu de création», ou maintenant l’atelier du 341, tous et chacun des lieux où la céramiste choisit de se poser doivent savoir nourrir sa créativité. Et force est de conclure que Knowlton relève déjà amplement le défi!

par Françoise Stanton