Si vous vous promenez dans la région de Lac-Brome et que vous êtes allé vous balader sur le chemin Bailey à Bolton-Ouest, vous avez sûrement vu les majestueuses vaches Highland au pâturage. Elles sont emblématiques de la région avec leur long poil. Elles font la fierté de John Badger qui possède, avec sa conjointe Manon Legros, un troupeau de 200 têtes, dont une centaine de vaches adultes.

John connaît bien le travail de la ferme, car il y travaille depuis qu’il est petit. En 1982, alors qu’il avait douze ans, ses parents achètent trois vaches Highland et un taureau pour diversifier leur offre. Ils avaient déjà 40 vaches laitières dans la grange. Ils se sont alors tournés vers cette race car elle nécessistait peu d’entretien. John voulait reprendre éventuellement la ferme familiale et il n’avait pas du tout le goût de se lever à 4 heures du matin tous les jours pour la traite. Peu à peu, il fait sa place auprès de son père et achète le troupeau en 2017 et prend en charge la gestion complète de la ferme. Son père continue de l’aider un peu l’hiver avec la coupe du bois et l’été avec les foins.

John est amoureux fou de ses vaches, qu’il appelle «ses filles». Il leur voue un très grand respect et s’assure de leur bien-être à toutes les étapes de leur vie, et ce jusqu’à l’abattoir. D’ailleurs, il les aime tellement qu’il a dû passer outre la difficulté de s’en séparer pour qu’elles puissent remplir leur mission première soit de nourrir les humains. Il a d’ailleurs dû consulter. Depuis qu’on lui a expliqué que ça faisait partie du cycle de la vie, mais qu’il devait s’assurer de les honorer en les remerciant et en ne gaspillant pas de nourriture, il est un peu plus en paix avec cette étape. Il s’assure donc de ne pas les stresser ni de les brusquer même à l’abattoir où il leur chante des chansons et un mantra inspiré de leur vie depuis leur arrivée sur la ferme.

Ses vaches élevées avec amour, ni stressées ni malmenées, ne prennent aucun antibiotique. Élevées au champ, leur viande maigre est tendre et persillée et fait le bonheur des amateurs. La ferme Badger a le vent «dans les cornes» et vend maintenant dans certaines épiceries de Montréal, ainsi que chez «Barnes» au village, à la Rumeur affamée de Sutton, ainsi qu’à la boutique de la ferme tenue par sa sœur Robin Badger. Lors du changement de mains à la ferme, les Badger en ont profité pour se refaire une beauté, avec un nouveau logo plus facilement reconnaissable. Puis, pour les ama- teurs de bœuf et bière, on peut aussi depuis peu, déguster à la microbrasserie «l’Abordage» de Sutton une bonne bière Highland avec un burger de bœuf Highland, nourri à la drêche, un résidu de la production de bière qui fait le régal des bovins.

Comme les curieux sont nombreux à s’arrêter sur le bord de la route pour les photographier, John et Manon veulent aménager cet été quelques tables où les curieux pourront faire une pause pour admirer les vaches en mangeant leur pique-nique.

Si vous êtes chanceux, vous pourriez même entendre Manon jouer du piano sur la galerie de la résidence familiale juste en face des champs. C’est certain que d’être autant aimées par John, de vivre dans une campagne idyllique tout en se faisant sérénader par la musique classique de Manon, les «filles de John» ont une vie qui ferait l’envie de bien d’autres bovins!

Cinq chose que vous devez savoir sur la vache Highland

• Tout comme les anneaux sur les troncs d’arbres, les cornes des vaches Highland donnent une idée de leur âge.

• C’est une vache rustique qui demande très peu de soins au quotidien ni même au moment du vêlage.

• La gestation est de 40 semaines et les vaches de trois à vingt ans ont en moyenne un veau/année. Les veaux ne sont pas séparés de leur mère et boivent son lait jusqu’à six à huit mois.

• L’accouplement naturel se fait entre juillet et septembre et les naissances entre avril et juin.

• Elle vit dehors douze mois par année, beau temps mauvais temps.