Premier choc artistique à 19 ans: Van Gogh. Puis les maîtres: Picasso, « le peintre absolu du XXème siècle», Riopelle «notre sang» et le chinois Qi Baishi « pour le geste et les contrastes». Michel Beaucage pourrait parler peinture pendant des heures. Mais la plupart du temps, chaque jour de la semaine en fait, il peint. Comme d’autres se rendent au boulot. Et ce, depuis 40 ans sur trois continents successifs.

Sur le mur de votre salon, un tableau de Michel Beaucage, peintre montréalais établi à Knowlton depuis près de trois ans, ne laissera jamais indifférent. Gestuelles, organiques, vibrantes, évocatrices, ses toiles for- cent à tout coup l’attention, tant de l’amateur que du collectionneur. La touche est large, les plans souvent superposés. Tout dans sa démarche, sources d’inspiration, supports ( cartons, toiles, papiers de riz) et médiums (acryliques, gravures, collages) témoigne d’une quête artistique sans limite.

« J’ai beaucoup travaillé la transparence. Ça, dit-il en pointant une tête de dragon sur papier de riz, c’est l’aboutissement d’une technique que j’ai mise au point et qui me permet de créer un effet de pure transparence.»

Lac-Brome: Art lab, vie culturelle et nature

«Vivre et travailler à Knowlton a quelque chose d’exceptionnel. D’abord, je fais partie de la vie culturelle de mon village grâce à la Galerie atelier Art lab où je peux travailler, exposer et échanger avec d’autres artistes ou des visiteurs. Je peins aussi dans mon atelier personnel, en pleine nature. Une nature qui m’inspire de plus en plus d’ailleurs.»

Les premières influences

L’autoportrait sur fond bleu de Van Gogh, déclencheur de sa vocation, a laissé des traces. Dans ses toiles, le bleu métallique presque violet, s’impose telle une signature. Outre l’influence des grands maîtres, celle de Michel Goulet, « un grand professeur à l’UQÀM» et son apprentis- sage de graveur à l’atelier Pasnic à Paris au début des années 90, ont sans contredit marqué son parcours et sa façon d’appréhender l’espace. «Une critique américaine m’avait même dit que pour elle mes peintures étaient des gravures» confie-t-il en riant.

Rayonnement sur trois continents

En Chine où il a séjourné six mois au début des années 2000, il a par- ticipé à divers événements, expositions et projets. «À Xi’an, se souvient-il, j’ai peint sur place, pendant dix jours, une immense murale de 25 pieds de long.» Une galerie de Shanghai le représente toujours. On trouve également des «Beaucage» en Espagne (séjour de quatre mois à Majorque), à Toronto, à Montréal, (Galerie Éric Devlin) et dans une quarantaine de collections privées, institutionnelles et publiques canadiennes et américaines. En 2017, la Bibliothèque et Archives nationales du Québec (BAnQ) achetait à fort prix toutes ses gravures parisiennes, les rendant dorénavant accessibles au grand public.

Le peintre Michel Beaucage peut être rejoint à la Galerie Art lab, 341 chemin Knowlton ou par téléphone au 514-885-5502. Un livre sur son oeuvre est prévu pour cet automne.