L’agrile du frêne a finalement élu domicile dans le comté de Brome, où il se mettra à tuer nos frênes. Dans notre région, le frêne blanc est une importante espèce compagne des forêts accidentées que domine l’érable. Cette espèce est particulièrement abondante dans la moitié est de la MRC de Brome- Missisquoi (VLB, Bolton-Ouest, Bromont, Sutton et Frelighsburg.)

L’agrile du frêne est originaire de Chine, de Corée et du Japon, où les frênes ont acquis une grande résistance à cet insecte grâce à une évolution naturelle.

On l’a d’abord repéré en 2002 au Michigan et dans le sud de l’Ontario, puis il s’est propagé dans les États de la côte est, ailleurs en Ontario, au Québec, au Nouveau Brunswick et, en 2018, en Nouvelle-Écosse. Il attaque les frênes blancs, verts et noirs que l’on trouve dans nos forêts.

Sous l’écorce des branches supérieures, cet insecte vert émeraude luisant pond de 60 à 100 oeufs dont les larves se nourrissent du cambium et de l’écorce interne, ce qui annèle l’arbre et empêche la circulation de l’eau des racines au feuillage. Les arbres isolés sont attaqués en premier. L’insecte mettra des années à attaquer tous les frênes de nos forêts.

La première alerte est donnée par le jaunissement de feuilles pendant leur croissance. S’il faut généralement deux ans pour qu’un arbre meure, il est possible d’injecter un insecticide pour tuer les larves, mais il faut s’y reprendre aux deux ans à des frais de 200-300$ le traitement. Quoiqu’il soit possible de traiter un frêne devant une maison, il ne l’est pas pour tous les frênes des forêts, quelque 10 à 15% de nos arbres étant des frênes blancs, les verts et les noirs se trouvant dans des terres humides.

Tous les frênes produisent annuellement des graines. Celles qui germent deviennent la relève. Avec un peu de chance, nos trois essences de frênes acquéreront une résistance à l’agrile. À l’oeuvre, Darwin!

Traduction: Jean-Claude Lefebvre