Situé en plein cœur de la ville, le lac Brome est un aimant qui attire visiteurs et futurs résidents de notre municipalité. Avec cet été qui s’achève, force est de constater que le lac a été particulièrement sollicité. Des hordes de visiteurs l’ont assailli aux deux accès publics et un nombre record d’embarcations à moteur l’ont sillonné tout l’été. Heureusement, vu l’absence de fortes pluies, le lac a conservé sa clarté et n’a pas connu – du moins pas encore – d’éclosion importante de cyanobactéries. Plusieurs riverains ont cependant constaté une plus grande érosion des berges. Ce qui nous rappelle que cet atout naturel, à la fois précieux et fragile, a plus que jamais besoin d’être protégé. D’ailleurs, ce n’est pas d’hier que les citoyens ont été nombreux à s’engager pour en préserver la qualité.

En 1961, l’Association pour la conservation du lac Brome était créée avec, comme premier président, Peter Kerrigan.

En 1987, la mobilisation collective issue d’Imaginaction fit du lac une priorité. Ainsi, d’importants problèmes furent résolus tels que le vieux système d’égout du village de Knowlton, la pollution créée par la ferme des canards, le contrôle du barrage Foster ou l’urbanisation effrénée qui modifia le paysage de la ville au cours des années 1980.

En 2001, Renaissance Lac Brome (RLB) était créée avec pour mission la qualité de l’eau du lac. Après la fermeture du lac en 2006 et la crise des cyanobactéries, l’Association multiplia les démarches et les solutions pour restaurer un lac vieillissant.

Depuis 15 ans, RLB s’est acquis une solide réputation scientifique ; l’organisme s’est impliqué dans d’importants projets et a occupé l’espace public pour toutes les questions qui concernent la qualité de l’eau du lac. Ce faisant, il a mobilisé la population derrière ses objectifs et ses résultats.

Depuis 2010, la Ville a consenti une aide financière importante à RLB, bonifiée en 2018 pour permettre à l’organisme de se doter d’une ressource permanente. Or, depuis deux ans, Tempo constate une présence moins sentie, moins pertinente, moins active. Pourquoi ?

Bien sûr la pandémie a ralenti ou entravé certaines activités; le personnel s’est fait plus rare. Il reste des enjeux majeurs à affronter dans un proche avenir. On se demande par exemple où se situe RLB quant à l’urbanisation du pourtour du lac? De plus en plus de dérogations permettent la construction en bande riveraine. Il y a aussi un système d’égout à sécuriser; la reconstruction du barrage Blackwood; l’approvisionnement en eau de Bromont et le niveau du lac; la circulation des embarcations à moteur, surtout les gros bateaux; les espèces envahissantes, etc.

À la veille de revoir le plan d’aménagement du territoire et d’encadrer l’important développement urbain que l’on observe à VLB, il est primordial que RLB soit davantage présent et rappelle à tous les exigences d’un lac en santé.

D’ailleurs l’organisme est à la recherche de sang neuf pour poursuivre sa mission. Il y a des combats à mener et des victoires à gagner. Le lac a toujours besoin de Renaissance Lac Brome.