par Michel Brisson

Le confinement qui a débuté le 14 mars n’a pas été facile pour toutes les entreprises de Lac-Brome. En revanche, la pandémie qui nous a forcés, au début, à une oisiveté inhabituelle s’est traduite pour certains par un débordement d’énergie. Chantale Lajoie de la Quincaillerie Barnes n’a jamais vendu autant de peinture et de pinceaux qu’en ce début de printemps. Et comme ce dernier était particulièrement hâtif, les consommateurs se sont ensuite acharnés à épuiser les stocks de matériaux de jardinage. Chantale a tenu le coup, elle est en recrutement, mais…«Ma banque de candidatures est à sec,» m’a-t-elle avoué.

Chez Léon Courville, Vigneron, on a fait face, au début, à une diminution des ventes en raison de la fermeture des restos et de l’interruption d’événements sociaux et commerciaux. En matière de main- d’œuvre, un vignoble doit composer avec un défi complexe. Cette année, pendant que les travailleurs saisonniers mexicains étaient en quarantaine, Anne-Marie Lemire (copropriétaire) était heureuse de dire: «On a pu compter sur une équipe de 35 Québécois recrutés d’urgence qui nous ont donné un sérieux coup de main!» Tout semble rentrer dans l’ordre mais le travail en boutique (vente sur place) est plus complexe. Les visiteurs d’autres régions moins touchées par la pandémie s’étonnent des mesures de prudence mises en place.

À la boutique Windrush, les affaires reprennent et, depuis le début du déconfinement, on remarque la présence d’une nouvelle clientèle. Les propriétaires, Chantale Cloutier et Ian Bryson l’expliquent par la présence d’un plus grand nombre de nouveaux résidents qui se sont installés de façon «plus» permanente à VLB et dans la région depuis le début de la pandémie. Comme les voyages à l’étranger se sont faits plutôt rares, les consommateurs disposent d’un budget plus grand pour leur confort immédiat. «Nous avons aussi eu le soutien de nos fournisseurs qui se sont montrés très compréhensifs», mentionne Mme Cloutier.

Du côté industriel, Plastiques Moulin est en recrutement: trois à cinq postes permanents à la production. «Après une interruption de deux semaines, la production a repris de plus belle. Je vous avoue qu’on est content de la situation et la demande pour nos produits s’est accrue de façon significative», fait remarquer Maryse Porlier, directrice des Ressources humaines. Le recrutement, on s’en doute, est tributaire de la rareté accrue de main-d’œuvre. Le niveau des salaires d’entrée a dû être majoré pour maintenir l’intérêt. La majorité des employés, (beaucoup d’employés féminins à la production) sont de la région de Brome- Missisquoi, (Waterloo, Cowansville), mais très peu de VLB.

Quant à la prestation canadienne d’urgence, la réaction n’a été positive que dans un seul cas. Dans d’autres cas, c’était plutôt un obstacle au recrutement, surtout pour les emplois d’étudiants.

Denis Beauchamp du CLD de Brome-Missisquoi a attiré notre attention sur le défi d’attraction auquel sont soumis les employeurs dans le contexte actuel. La rareté de la main-d’œuvre, jumelée aux risques liés à la santé, pourrait les obliger à envisager une augmentation des échelles salariales.