par Tam Davis

Prêtez l’oreille au vacarme du verre concassé et du grincement métallique quand le contenu de votre bac bleu se fait compresser dans les entrailles du camion de recyclage.

Voilà qui indique que le processus du recyclage souffre de ratés. Il y a un lien direct entre ces bruits et la faillite de Récupération 2000 l’automne dernier, qui a laissé derrière elle des milliers de tonnes de rebuts, non traités et contaminés qu’il faudra enfouir dans un dépotoir au coût de deux millions de dollars. Il y a de sérieuses leçons à tirer de cette saga.

Pendant de nombreuses années, l’entreprise a exploité à Cowansville une usine de recyclage traitant annuellement 6 000 tonnes de matières récupérées dans plusieurs municipalités de la MRC Brome-Missisquoi. Elle vendait de gros ballots de papier et de carton sur des marchés d’Asie et de l’Extrême-Orient.

Cependant, elle n’a pas réussi à s’adapter aux pressions du marché, au titre de la qualité, quand la Chine et d’autres contrées de l’Asie ont annoncé à la fin de 2017 qu’elles n’acceptaient plus de produits comprenant des contaminants (verre, métal, saletés ou plastique mêlés au papier) comptant pour plus de 1% du volume. Le prix a chuté de 140$ la tonne à 20$ en novembre 2018. Ces marchés sont essentiellement fermés aux recycleurs du Québec où cette norme de 1% ne peut être respectée.

Faisons-nous face à une crise? Cowansville a vite réagi pour composer dans l’immédiat avec cette nouvelle donne en embauchant Sani-Éco, une usine de Granby, pour traiter les matières des bacs bleus de ses citoyens. La MRC prend des mesures pour augmenter tant la quantité que la qualité de nos matières recyclées et ainsi diminuer les frais du programme. La majorité des recycleurs du Québec sont financièrement sains et tout comme Sani-Éco, ont investi dans leur équipement pour améliorer leurs façons de faire.

Cependant, si les marchés de l’Inde et de l’Indonésie acceptent encore nos produits recyclés, ceci pourrait ne pas durer. Au Québec, les entreprises devront trouver d’autres marchés, y compris aux États-Unis. Pour ce faire, elles devront sabrer dans la quantité de contaminants.

Ce ne sera pas une mince affaire. La saleté, les débris ou des matières interdites provenant d’un seul bac peuvent contaminer un camion entier. Le déversement des bacs dans le camion peut entraîner une contamination croisée: des morceaux de verre, métal ou plastique intégrés à du papier ou du carton pendant le transit. À cette fin le conseil de Bromont a récemment adopté une résolution demandant à la MRC d’examiner l’à-propos d’une cueillette séparant le papier et le verre. En notre qualité de citoyens, nous avons un rôle de premier-plan à jouer. La qualité importe: veillez à que ce qui va dans le bac bleu (papier, carton, verre, métal, plastique) soit propre et sec, libre de saletés, rouille et débris. Il nous revient d’appuyer de telles initiatives, comme la résolution de Bromont, visant à diminuer la contamination.