Les temps difficiles font ressortir le meilleur chez les personnes imprégnées de l’esprit communautaire.

Quand, il y a des semaines, le Corona Virus a commencé à bouleverser nos vies, une résidente de Knowlton souhaitait apporter de la joie aux gens et de la lumière dans leur vie parfois pénible. Elle était convaincue qu’offrir des fleurs serait une très bonne idée. « Les tulipes sont mes fleurs printanières favorites: une promesse de soleil et de température plus clémente. J’aime les variétés à longue tige, jaunes beurre, roses, blanches et rouges cerise, aux fleurs durables; parfaites pour égayer les gens avec du chic et du soleil, » dit-elle.

Pendant des semaines, elle a parcouru le Comté de Brome et les environs, sur des routes sillonnées d’ornières, sous la pluie battante ou un soleil éclatant, pour livrer anonymement de merveilleuses tulipes à des connaissances ou à des gens qui, selon les rumeurs, avait besoin d’un remontant. Par exemple, des amis affligés par la perte récente de leur chien fidèle; des gens en convalescence à la suite d’une intervention chirurgicale majeure ou en isolement, dans l’attente d’une intervention; des hommes âgés vivant seuls; des gens âgés résidents du complexe Coldbrook à Knowlton; ou des gens malades ou aux soins palliatifs de la Maison Diapason à Bromont.

Notre « Madame Tulipe » ne cherchait pas de notoriété ou de rétribution. Elle désirait l’anonymat. Il n’y avait ni publicité, ni auto-promotion, ni d’appel annonçant la livraison. Sa méthode était d’agir à la dérobée: « sonner, déposer le bouquet et déguerpir. » La carte accompagnant le bouquet contenait un court message joyeux, certain de faire sourire et de susciter de la joie. Le message, écrit à la main, était simple: »que ceci apporte du soleil dans votre journée » ou » Bonne journée ! » Pas de signature et pas d’adresse.

quand j’ai demandé à l’anonyme Madame Tulipe de résumer ce qu’elle avait retiré de cette expérience, elle a répondu: » On peut tirer de l’inspiration des périodes de désespoir . On peut utiliser son énergie et son imagination pour transformer son désespoir en quelque chose de positif. »

Ce n’est pas surprenant. Il est clair que pour Audrey, les fleurs célèbrent la lumière et la vie, et le don est un acte d’amour et de partage d’énergie vitale. En effet, son site web explique que « Bromewood » est « un environnement unique où les clients deviennent des amis, où ceux qui donnent sont emballés de délivrer, et ceux qui reçoivent expérimentent la joie pure. »

Dans les temps difficiles, les  bonnes actions trompent le désespoir.

Traduction: Guy Côté