«Je n’ai pas vu de combats pendant la guerre mais j’ai vu les con- séquences des combats». C’est Dan Sherry qui parle. Un des derniers vétérans de la Deuxième Guerre qui réside ici à Knowlton. Il est âgé de 97 ans.

Il est arrivé en Hollande avec l’armée canadienne au mois de mai 1945, le mois où la guerre a pris fin en Europe. «Nous avons débar- qué à Ostende, les quais et les enclos sous-marins étaient complétement détruits; du béton fracassé partout. Nous avons roulé à travers Rotterdam, tout ce qui restait c’étaient les cheminées.»

Natif d’Asbestos, au Québec, Dan Sherry est allé à l’école en Ontario d’où il est parti pour se joindre à l’armée. Il a été entraîné comme estafette au Canada et se rendit outre-mer en octobre 1944. Il attendit en Angleterre le déploiement de son unité.

Les gens étaient affamés en Hollande, se remémore le militaire, plusieurs d’entre eux avaient été coupés de l’avancée des Alliés pendant l’hiver 1944-45.

«Les Hollandais étaient affamés. Les femmes enfourchaient leur vélo pour aller trouver de quoi manger. Je me souviens de femmes qui portaient des bandanas pour couvrir leur tête rasée. Elles étaient des collabos, et des garçons venaient arracher leurs bandanas si elles parlaient aux soldats canadiens.»

Dan Sherry a quitté l’Europe occupée en septembre 1945; il est rentré au pays peu de temps après à bord du paquebot Île de France. «On nous disait qu’on pouvait rentrer au Canada plus vite si on se portait volontaire pour servir dans le Pacifique. J’ai préféré attendre.»

Il a étudié à l’Université McGill et y a obtenu un diplôme d’ingénieur. M. Sherry a, pendant de nombreuses années, travaillé au moulin de la Domtar à Windsor au Québec. Il s’est rendu à de nombreuses réunions annuelles de vétérans de son ancienne unité mais il a cessé d’y aller il y a quelques années. Il ne reste plus beaucoup d’hommes, il est probablement le dernier survivant.

Traduction: Francine Bastien