Tout indique que dans quelques jours, Ville de Lac-Brome décidera d’emboîter le pas à Cowansville et à Bromont et mettra en place, comme plusieurs le réclament, des conteneurs de dépôt volontaire pour la récupération du verre. Du moins à titre de projet pilote avancent certains élus.

«Pour l’instant, nous avons un préjugé favorable envers ce type de récupération. Nous aurions d’ailleurs facilement les moyens financiers d’instaurer un tel système,» confiait au Tempo le directeur général de la ville Gilbert Arel, mandaté pour évaluer la pertinence du projet.

«Le verre est une sorte de contaminant pour les autres matières dans les centres de tri, avance Jean-Claude Thibault, porte-parole du mouvement Verre-Vert de Racine. La présence de poussière de verre entre autres, détériore la qualité des autres matières recyclables comme le papier, le carton et le plastique. À preuve, Cascades et Kruger boudent une bonne partie du papier et du carton issus des centres de tris du Québec à cause de leur trop faible qualité. Pourquoi mettre pêle-mêle dans nos bacs toutes les matières dites recyclables, et ensuite payer pour les démêler?» questionne- t-il. Vaut mieux agir en amont.

Il faut dire que la classe politique estrienne, comme ailleurs au Québec, fait présentement l’objet de fortes pressions pour sortir les bouteilles et autres

contenants de verre des bacs bleus et des centres de tri où ils sont très peu réutilisés. Selon des données de Recyc-Québec, à peine 37% du verre destiné aux centres de tri à travers la province parviendrait à être recyclé ou valorisé. La majorité prendrait le chemin des dépotoirs pour servir de couches de recouvrement.

Le gouvernement de la CAQ s’apprête-t-il quant à lui à mettre fin à la collecte sélective (bacs bleus) pour le verre à travers tout le Québec? Le dossier est encore en discussion, nous dit-on. Une commission parlementaire sur la question est d’ailleurs prévue pour le mois d’août. À suivre!…

Chez nos proches voisins

À Cowansville, où un point de dépôt du verre a été aménagé dans le stationnement du Super C, le directeur des Travaux publics est pour le moment enchanté de la réponse des citoyens: «Nous avons recueilli 12 000 livres de verre en moins de trois semaines. Nous n’en n’espérions pas tant. Et ce verre-là fait le bonheur du conditionneur 2M Ressources, forcé de s’approvisionner à l’extérieur du Québec faute de verre local», a-t-il déclaré.

À Bromont la décision a finalement été arrêtée. L’inauguration officielle du point de dépôt du verre a eu lieu le 25 mai, Journée de l’environnement.

La MRC Brome-Missisquoi de son côté joue de prudence. Son directeur général, Robert Desmarais préfère attendre les résultats d’une expérience plus approfondie avec des équipements de pointe au centre de tri Sani-Eco: «Si on obtient de meilleurs résultats avec des équipements plus performants pourquoi tout changer? dit-il. C’est clair que nous ne donnerons aucun mot d’ordre aux municipalités d’ici l’automne.»

Son de cloche fort différent à la MRC du Val-St-François, qui a récemment décidé d’étendre le dépôt volontaire du verre sur tout son territoire!

À St-Étienne de Bolton, ville qui a ouvert le bal du dépôt volontaire du verre en Estrie en 2015, madame Colette Lemieux de l’AFEAS, (Action féminine d’éducation et d’action sociale) principale initiatrice du mouvement, déclare avec fierté: «Cette année nous avons reçu pas moins d’une quarantaine de demandes d’information sur les tenants et les aboutissants de notre expérience de collecte du verre. Et ce, des quatre coins du Québec. Imaginez, on a livré depuis 2015, 200 tonnes de verre à 2M Ressources de St-Jean sur le Richelieu. N’est-ce pas la preuve que les citoyens sont prêts à adopter cette pratique? «Vous savez, la collecte séparée du verre ou la consignation c’est du pareil au même. Les deux systèmes donnent du verre parfaitement recyclable. Mais le verre dans les centres de tri, ç’est autre chose… » conclut Mme Lemieux.