Gilbert Smith avait 19 ans quand il s’embarqua sur la Corvette HMCS Frontenac, qui escortait des convois de Terre-Neuve vers l’Irlande du Nord. Son rôle à bord consistait à coder et à décoder des messages, en particulier les alertes sur la position des sous-marins allemands, (U-boats) rôdant dans l’Atlantique Nord.

Gil, qui réside dans le Glen à Bolton-Ouest, nous confie que lors des combats, il abandonnait ses outils de décodage pour un poste de combat.

«J’étais affecté au lancement de charges en profondeur. Elles avaient la forme d’un bac à vidanges contenant 1000 livres d’explosifs qui faisaient déboulonner les plaques de métal du U-boat, le forçant à faire surface puis, à se rendre ou à être détruit,» confie Gil qui vient d’avoir 93 ans.

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Dans la nuit du 6 mai 1944, le Frontenac faisait partie d’un convoi à 100 miles de St. John’s lorsqu’un U-boat coula un navire, le Valleyfield, à proximité. Des 157 membres de l’équipage, il y eut  seulement 38 survivants.

«Ce fut terrible, terrible» se remémore Gil.

Gilbert Smith naît à Montréal en 1923. Il s’enrôle dans la marine en 1942, âgé de 19 ans. Les petites corvettes étaient froides et inconfortables et se faisaient brasser dans les mers agitées de l’Atlantique nord.

À son retour au Canada après la guerre, il travaille comme journaliste et se spécialise finalement dans les sports. Il écrit des articles sur le hockey de 1950 jusqu’au début des années 70 pour des journaux comme Nouvelles de Hockey.

«Les Canadiens étaient au sommet de leur gloire à cette époque. Cinq coupes Stanley d’affilée». souligne Gil en citant les noms de Richard, Geoffrion et Worsley.

Il travailla aussi aux premières diffusions de Hockey Night in Canada à la télé, où il écrivait les scénarios des présentations  entre les périodes.

Il épouse Margot Simon en 1955. Maintenant décédée, elle était une championne de bridge et a enseigné le jeu à de nombreuses personnes de la région «À la guerre j’ai voulu tuer des Allemands et réciproquement. Puis j’ai épousé une Allemande et nous avons été très heureux.»

Traduction: Guy Côté