L’avenir des médias écrits est dans l’actualité ces jours-ci. Les journaux nationaux aussi bien que locaux se battent contre les géants du web pour les revenus publicitaires. Le contenu d’un journal repose sur ses recettes publicitaires. Si les Google et Facebook de ce monde menacent la survie des journaux à fort tirage, les annonceurs locaux sont essentiels à la presse locale.

Jusqu’à tout récemment, les municipalités étaient tenues de publier dans les journaux locaux les avis légaux, comme les changements aux règlements. En 2016, Québec a adopté une loi qui change cela. Les villes et municipalités ne sont plus obligées de publier tous leurs avis dans la presse locale. Sauf les modifications aux règlements de zonage, les municipalités ont maintenant le choix de publier ou pas leurs notices dans la presse locale. De l’avis de Chantal Lévesque, directrice du Journal Le Guide, où quelque 12 municipalités annoncent – y compris VLB, Cowansville et Bromont – «Ce changement nous affecte beaucoup». Les notices des villes constituent une source importante de revenus dans les marchés locaux.

Les municipalités peuvent renverser cette situation si elles usent de leur pouvoir discrétionnaire et décident de publier toutes leurs notices dans la presse locale. C’est la proposition qu’a faite le Maire Jacques Drolet de Bolton-Ouest à ses 20 collègues de la MRC de Brome-Missisquoi. Oui, il en coûtera plus aux municipalités que si elles se limitent à afficher sur leur site web et babillards. Oui, les citoyens paieront la note. Mais n’est-ce pas là un faible prix à payer pour appuyer une presse diversifiée et pour s’assurer que les enjeux locaux ne sont pas complètement occultés parce qu’aucun média n’est là pour en parler? Voilà qui serait une contribution significative à notre démocratie locale et qui, du même coup permettrait de mieux protéger des emplois.

Au mois d’avril cette année, en conformité avec la loi, VLB a décidé d’abandonner l’affichage de ses notices légales dans les hebdomadaires locaux. La municipalité de St-Étienne-de-Bolton a fait de même, tandis que le Village de Brome recourt aux médias écrits selon ses besoins. Le temps serait-il venu de reconsidérer ces décisions afin d’aider la presse locale à survivre? Les citoyens peu familiers avec Internet seraient sûrement d’accord. Mais surtout, voilà qui enverrait le message que nos médias locaux valent la peine qu’on les appuie.

N.B. Étant un mensuel, Tempo n’est pas utilisé pour les avis municipaux.