
Traduction: Guy Côté
Ginette Dupuy est titulaire d’un B.A. et d’une maîtrise en études architecturales. Elle vit dans une maison en briques crues. Oui, une maison en briques crues à Bolton-Est. Depuis des siècles, des maisons en terre existent en Europe, en Asie, en Afrique, au Moyen- Orient et en Amérique du Nord – je pense notamment au peuple Pueblo du sud-ouest des États-Unis. Mais pourquoi revenir à cette technologie «ancienne»?
Parce que c’est pratique et intelligent. C’est toujours contemporain, et peut-être même futuriste. On estime que 30 à 50 % de la population mondiale vit dans des habitations en terre.
Après neuf années comme décoratrice d’intérieur, Mme Dupuy était à la recherche d’un défi et s’est inscrite à des études d’architecture à l’Université de Montréal. La découverte fortuite d’un ouvrage sur la santé et l’écologie des bâtiments l’amène vers un tout nouveau domaine. Elle reçoit ensuite une bourse pour étudier au CRATerre, laboratoire de recherche sur l’architecture en terre de l’Université de Grenoble. À son retour, elle complète sa maîtrise en conception de bâtiments écologiques et sains.
Le résultat? La maison de Mme Dupuy est construite entièrement avec des matériaux naturels locaux, depuis les marches d’entrée en pierre jusqu’au comptoir de cuisine en stéatite (pierre à savon) et au radiateur/foyer en maçonnerie, à l’exception des poutres de support en sapin de la Colombie-Britannique.
La presse manuelle de Mme Dupuy permet de fabriquer 500 briques de terre comprimée par jour. La terre excavée pour les fondations de la maison peut également fournir le matériau pour les briques, évitant à la fois les coûts de transport et la pollution des gaz d’échappement. Ajoutez à cela la création d’une capacité de chaleur rayonnante trois fois supérieure à celle du ciment.
Toutefois, le climat du Québec pose certains défis. Contrairement aux autres climats, les briques forment les murs intérieurs. elles peuvent absorber la chaleur du soleil même en hiver – pour la diffuser pendant la nuit. Elles «respirent» la chaleur et l’humidité. La chaleur rayonnante des briques, du foyer et des radiateurs à eau chaude à commande indépendante fournit de la chaleur à toute la maison à un coût bien inférieur à celui des combustibles fossiles.
Au départ, les maisons en briques de terre sont plus coûteuses à construire, mais les économies à long terme font plus que compenser. Par exemple, son toit en bardeaux de cèdre durera au moins 50 ans, contre environ 20 ans pour les bardeaux d’asphalte. Et les matériaux de la maison finiront par se décomposer naturellement lorsque cela sera nécessaire. Tout est question de développement durable.
Cette technologie peut également être utilisée pour des ajouts ou des rénovations à des structures existantes comme Mme Dupuy en a déjà créé localement. La terre est utilisée depuis des siècles pour construire des maisons et des abris. La mission de Mme Dupuy est de créer de belles maisons saines et écologiques avec ce matériau. Son succès ouvre un nouveau monde de possibilités. Pour plus d’informations https://ginettedupuy.com

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