
Traduction: Guy Côté
Un autre jour du Souvenir ce mois-ci, et les événements mondiaux actuels nous rappellent les conséquences de l’ignorance des leçons du passé. Les conflits brutaux en Ukraine, au Moyen-Orient, en Afrique et ailleurs dans le monde le confirment. La Chine brandit ses sabres con- tre Taiwan, et le fascisme, fléau à l’origine des guerres et des atrocités les plus dévastatrices du XXe siècle, fait son apparition dans bien trop d’endroits. Même notre propre continent n’est peut- être pas à l’abri.
Le jour du Souvenir est plus important que jamais. Nous devons nous souvenir de l’importance de notre liberté et, en particulier, de ceux qui se sont battus pour la préserver.
Le lundi 11 novembre, à 11 h, la filiale 23 de Brome de la Légion royale canadienne organise la cérémonie du Jour du Souvenir 2024 au cénotaphe de Knowlton, rue Victoria. En plus des prières, le comité exécutif local de la Légion, des représentants du gouvernement et des élèves du primaire participeront aux cérémonies. L’Harmonie de Knowlton assurera l’accompagnement musical des hymnes et de l’hymne national. Le Jour du Souvenir est célébré ici depuis l’inauguration du cénotaphe en 1923. À l’origine, le 11 novembre, les Canadiens rendaient hommage à ceux qui ont servi pendant la Grande Guerre, date où la guerre a pris fin, à la 11e heure du 11e jour du 11e mois. Beaucoup ont perdu la vie, d’autres sont repartis grièvement blessés et beaucoup ont survécu (au moins physiquement). Des cénotaphes ont été érigés dans presque toutes les grandes villes. Certains avaient déjà été érigés pour honorer les vétérans de la guerre des Boers deux décennies plus tôt. La Seconde Guerre mondiale a finalement nécessité un changement de nom pour son prédécesseur, la Première Guerre mondiale, et les cénotaphes ont été élargis pour inclure de nombreux noms. La guerre de Corée, qui a éclaté cinq ans seulement après la Seconde Guerre mondiale, a ajouté une autre série de noms de personnes décédées, et la participation du Canada aux missions de maintien de la paix et à l’effort allié en Afghanistan en a ajouté encore plus.
Au cours de tout cela, Knowlton a payé un prix élevé pour la défense de notre liberté. La Seconde Guerre mondiale a pris fin il y a près de 80 ans. Les derniers vétérans survivants de cette guerre sont décédés tout récemment. Dan Sherry est décédé le 17 août 2024 à l’âge de 100 ans. Il était soldat dans l’armée canadienne en Hollande à la fin de la guerre. Don French est décédé le 12 décembre 2022 à l’âge de 98 ans. Il était officier d’aviation de l’ARC et mitrailleur arrière sur des bombardiers Halifax. Il a effectué 33 missions au-dessus du territoire ennemi et a reçu la Croix du service distingué dans l’Aviation.
Parmi les vétérans les plus connus de Knowlton, on compte le major-général Charles Price, qui a servi avec distinction pendant la Première Guerre mondiale en tant que commandant du Régiment Royal de Montréal. Il est retourné au service au début de la Seconde Guerre mondiale et a com- mandé une division de l’armée avant d’être nommé commissaire outre-mer de la Croix-Rouge canadienne en 1942. Il est décédé à Knowlton en 1975.
Le colonel Lawrence Cosgrave était l’attaché militaire canadien à l’ambassade en Australie pendant la Seconde Guerre mondiale et a été le signataire du Canada lors de la reddition du Japon en 1945. Il est décédé à Knowlton en 1971.
Les 78 résidents locaux qui ne sont pas revenus des deux guerres mondiales sont honorés sur les monuments du cénotaphe. Parmi eux se trouvent deux hommes qui ont été tués au combat moins d’un mois avant la fin de la guerre en Europe. David Roberts, un officier d’aviation de l’ARC, a été abattu au-dessus de l’Allemagne le 10 avril 1945 et est décédé et a été inhumé dans le cimetière de la guerre 1939-1945 de Berlin.
Donald Partridge, un soldat du West Nova Scotia Regiment, a été tué au combat en Hollande quatre jours plus tard et est enterré au cimetière de guerre canadien de Holten, aux Pays-Bas.
Il existe plus de 70 cimetières de guerre canadiens dans le monde, la grande majorité en Europe. Environ 66 000 soldats canadiens ont été tués pendant la Première Guerre mondiale et 44 000 autres pendant la Seconde Guerre mondiale. Visiter un cimetière de guerre canadien est une expérience déchirante, comme l’auteur le sait pour avoir visité le cimetière de Bretteville-sur-Laize, en Normandie, et rendu hommage à ses 2 874 occupants. La plupart des pierres tombales sont celles de personnes de moins de 30 ans – beaucoup d’entre elles sont de simples adolescents – un fait qui donne à réfléchir étant donné que mon père, un artilleur de l’armée canadienne qui a survécu à la guerre, a eu 20 ans en août 1944 alors qu’il servait à quelques kilomètres de l’endroit où ce cimetière a été établi.
Les visites de cimetières ont été beaucoup plus poignantes pour Margaret Pille, secrétaire de la filiale 23 (filiale 23 de la Légion royale canadienne (Knowlton-Brome). Née en Hollande peu après la fin de la Seconde Guerre mondiale, elle a assisté aux cérémonies du Jour de la Victoire en Europe et visité un certain nombre de cimetières, dont celui de Holten, qui abrite près de 1 400 Canadiens.
« Mes parents et mes deux frères ont été libérés par l’armée canadienne. Ils se souvenaient des largages de nourriture alliés », qui étaient nécessaires pendant les derniers mois de l’occupation allemande de la côte néerlandaise, pour nourrir la population affamée. Son grand-père est mort de faim peu après le Jour de la Victoire.
« Si vous visitez un cimetière militaire canadien, cela vous coupe littéralement le souffle », dit Margaret. « Je suis ici, libre, grâce à ces Canadiens ; c’est une expérience très émouvante. »
Près de 80 ans plus tard, les écoliers néerlandais continuent d’apprendre l’histoire de la libération et de s’occuper des terrains des cimetières militaires canadiens. La commémoration de la libération des Pays-Bas commence le 4 mai, la veille du Jour de la Victoire en Europe. Le jour précédent le jour VE, et en fin de journée, tout s’arrête – les trains, les véhicules – pendant quelques minutes, tandis que les Hollandais se souviennent des sacrifices des Canadiens.
Au milieu de toutes les preuves des pertes subies lors des guerres passées, nous nous retrouvons encore aujourd’hui avec des champs de bataille partout dans le monde. Les cénotaphes portent deux mots simples : N’oublions jamais. Malheureusement, trop de personnes ont oublié
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