Par : Françoise Stanton
Près de 40% de la population de Ville de Lac-Brome a plus de 65 ans, l’une des plus âgée du Québec. Mais vivre au cœur d’un bassin de retraités ne simplifie pas automatiquement le passage à la retraite.
Si la retraite offre loisirs et liberté, elle peut aussi entraîner anonymat, perte de repères, isolement social, désarroi et conduire parfois à la dépression. « Prendre sa retraite c’est un peu comme disparaître! », disait récemment un ex-patron d’une entreprise de génie-conseil.
La déception après la retraite
Formatrice lors des sessions de préparation à la retraite, offertes par le Collège Marie-Victorin, aujourd’hui semi-retraitée, Maryse Villiard estime qu’environ une personne retraitée sur cinq est déçue, insatisfaite de sa nouvelle vie. « Le plus grand choc ? Perdre subitement son réseau. C’est du moins la remarque que j’ai entendue le plus souvent », dit-elle.
Les phases du passage à la retraite
Les spécialistes estiment que le passage à la retraite s’effectue généralement en trois phases :
- La coupure ou les deuils.
- L’euphorie (faire ce qu’on veut, quand on veut, voyager, etc.).
- L’introspection et le repositionnement.
On estime qu’il faudrait en moyenne de deux à trois ans pour redonner un sens à sa vie de retraité(e).
Un parcours personnel révélateur

Ancien cadre du secteur maritime, Jeremy Mackenzie-Lee reconnaît bien là son parcours. Après 6 mois à jouir de sa nouvelle liberté, il traversa une sorte de passage à vide. Lecture, soccer à la télé, gym, occupations diverses meublaient son temps sans le satisfaire totalement.
Il lui aura fallu quatre ans de ce régime avant de s’investir dans une activité enfin significative. Et ce fut la photographie, une ancienne passion qu’il réapprivoisera au point de devenir un photographe chevronné.
Identifier d’abord qui nous sommes
Selon Mme Villiard,
« Le secret d’une retraite satisfaisante c’est d’abord de trouver qui on est, d’identifier clairement ce qui nous animait dans notre travail, nos passions, nos rêves non réalisés aussi. On en arrive ainsi à mieux choisir nos activités et à structurer notre vie, seule ou à deux. C’est la clé je crois, si on veut parvenir à donner un sens aux années et même aux décennies qu’il nous reste à vivre. Un exercice que personne ne peut faire à notre place. »
« Je dirais que c’est ça notre “travail le plus important à la retraite” », conclut avec humour la formatrice.
« Make it happen! » comme dit Jeremy.
Pour en connaître davantage, Une retraite heureuse? Ça dépend de vous, par Marie-Paule Dessaint
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