L’attraction du Musée Lac-Brome Museum
Par Fred Langan (Traduction : Guy Côté)
Le Fokker D.VII est exposé dans un édifice en bois sans chauffage et sans climatisation. C’est l’une des causes de sa conservation; il n’a subi aucune modification, hormis un entretien effectué par l’Aviation royale canadienne en 1963.

(Source: Bibliothèque et Archives nationales du Canada)
Le D.VII est entré en service en 1918. Manfred von Richthofen effectua un vol d’essai sur un des premiers D.VII, mais il est décédé avant que l’appareil soit mis en service actif. Deux futurs dirigeants nazis le pilotèrent au combat : Hermann Göring et Rudolf Hess.
À la fin de la guerre, il restait environ 800 D.VII, selon Edward Soye, historien et pilote canadien qui a étudié l’appareil. Il s’agissait de la seule arme de guerre allemande citée dans la section IV de l’armistice du 11 novembre 1918.
« Reddition en bon état par les armées allemandes du matériel de guerre suivant : 5 000 canons (2 500 lourds et 2 500 de campagne), 25 000 mitrailleuses, 3 000 mortiers de tranchée, 1 700 avions de combat et de bombardement, en priorité tous des D.VII et tous les avions de bombardement nocturne. »
Un trophée de guerre canadien
La Fédération Canadienne estima que sa contribution à l’effort de guerre justifiait sa part du butin. Elle reçut plus d’une vingtaine de D.VII, dont l’appareil n° 6810/18, exposé au Musée Lac-Brome Museum.
Le Fokker D.VII est au musée grâce à un homme politique local, le sénateur George Foster, qui avait été vice-premier ministre pendant la guerre et dont le fils avait reçu la Croix de Service Distingué (CSD) lors de la Première Guerre mondiale. Le Fokker a été livré le 27 mai 1920. Le premier ministre canadien, Sir Robert Borden, a prononcé un discours pour marquer l’événement à Foster, sa ville natale.
À un moment donné, l’idée de vendre l’avion a été évoquée. Le gouvernement canadien a fait remarquer qu’il en était propriétaire et que le musée n’avait pas le droit de le vendre.
Le Musée canadien de l’aviation et de l’espace d’Ottawa a dépêché une équipe de techniciens pour examiner l’état de l’avion. Leur verdict a été que l’appareil était bien adapté à son environnement.
Ce n’était pas la première fois que la vente de l’appareil était discutée. Howard Hughes, industriel, aviateur et producteur hollywoodien américain, souhaitait acquérir le Fokker D.VII de Knowlton pour son film épique de 1930 sur la Première Guerre mondiale, Hell’s Angels. Le conseil d’administration du musée refusa, et un autre D.VII canadien a été utilisé pour le film.
Le seul exemplaire non restauré
Il ne reste que sept Fokker D.VII.
« Tous ont été largement restaurés, à l’exception du 6810 18 de Knowlton qui est le seul Fokker D.VII non restauré au monde. C’est un vestige inestimable de la Première Guerre mondiale », a déclaré M. Soye, qui a consacré son mémoire de maîtrise au Collège militaire royal aux trophées de la Première Guerre mondiale.
Ce qui rend le D.VII de Knowlton unique, c’est peut-être qu’il possède encore son tissu d’origine, un lin épais, datant de sa fabrication en 1918. Beaucoup d’autres appareils ont un tissu d’apparence originale, mais pas d’origine.
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