La Maison jaune de Karine Vanasse
Par : Nathalie Rivard.
Depuis le début d’avril, la saison 2 de Karine et la maison jaune est disponible sur Crave. À travers 10 épisodes, on y découvre un projet de rénovation ancré dans la région de Lac-Brome, qui dépasse largement les choix esthétiques pour aborder une question essentielle : comment habiter un lieu, particulièrement en milieu rural.

Une collaboration avec Les Ensembliers
C’est dans ce contexte que Maxime Vandal et Richard Ouellette, du studio Les Ensembliers, se sont joints à l’aventure. En participant à cette deuxième saison du projet de la Maison jaune de Karine Vanasse, ils proposent bien plus qu’une transformation, mais plutôt une réflexion en profondeur sur l’art de vivre.
Installés dans la région depuis 2011, Maxime et Richard ont d’abord vécu dans deux maisons à Knowlton avant d’acquérir une ferme à Bolton-Ouest, où ils vivent aujourd’hui à temps plein. Ironiquement, leur première propriété était déjà… une maison jaune, qui avait appartenu à Francine Ruel. Leur ferme, la ferme Humminghill, n’est pas ouverte au public : elle agit plutôt comme un laboratoire de vie et de création. C’est là qu’ils cultivent des fleurs, produisent du miel, du sirop d’érable et des vinaigres artisanaux, dans une logique de diversification et d’ancrage au territoire. Cette démarche s’est prolongée avec l’ouverture de la boutique Maison Brome dédiée aux artisans et aux objets porteurs de sens le 18 juin dernier au cœur du village de Knowlton.
Une approche intégrée
Au cœur de leur pratique, une approche encore peu répandue, un modèle clé en main qui regroupe architecture, design et construction sous un même toit. Cette prise en charge complète, soit de la conception à la livraison, leur permet d’assurer une cohérence rare et d’éviter les compromis en cours de chantier. Chez eux, les imprévus ne diluent pas la vision initiale : ils deviennent des occasions de pousser le projet plus loin.
C’est à la saison 2 qu’ils ont rejoint le projet, alors que Karine Vanasse avait déjà amorcé les travaux lors de la première saison et mené le projet aussi loin qu’elle le pouvait par elle-même. Mais devant l’ampleur du chantier, et surtout les enjeux plus complexes liés à la structure et à l’ensemble du site, le recours à des experts s’imposait. La grange, notamment, nécessitait des interventions rapides, ce qui accélérait la décision de s’entourer.
Rénover ou reconstruire
Au départ, l’intention était de rénover. Mais leur expérience leur a déjà appris que certaines structures ont leurs limites. Dans une maison qu’ils ont eux-mêmes habitée, ils ont découvert une réalité inattendue : humidité extrême, nappe phréatique élevée, sous-sol marécageux avec même des … grenouilles ! Cette prise de conscience a profondément influencé leur regard : toutes les maisons ne pouvaient pas être sauvées complètement, du moins de manière cohérente.
C’est là que le projet a pris tout son sens. Plutôt que de s’accrocher à une structure déficiente, Les Ensembliers ont opté pour une approche lucide pour leur propre maison : démolir, oui, mais intelligemment. Une démolition écologique qui invite à repenser nos réflexes et à considérer l’impact global d’un projet, bien au-delà de son apparence.
Penser le territoire
Car rénover à la campagne ne se limite pas à refaire une cuisine ou moderniser une façade. Il faut penser le terrain, l’eau, les infrastructures. La présence d’un champ d’épuration, par exemple, peut influencer l’équilibre d’un site, voire poser un risque pour un étang à proximité. Autant d’éléments invisibles qui doivent guider les décisions.
Dans le projet de Karine Vanasse, chaque choix s’est inscrit dans une vision plus large : celle de créer un lieu de vie cohérent, durable et profondément ancré dans son environnement. Cela est aussi passé par la réinvention des bâtiments existants. La grange, par exemple, n’a pas été transformée en résidence secondaire, comme on le voit si souvent. Elle a conservé son identité, tout en trouvant une nouvelle fonction, complémentaire à la maison.
L’émotion et la communauté
Mais au-delà des considérations techniques, il y avait l’essentiel : l’émotion. « Comment on va se réveiller dans ce lieu-là… comment on va y vivre », résume Maxime Vandal. Car une maison, surtout à la campagne, ne se conçoit pas seulement en mètres carrés, mais en expériences vécues.
Le projet a également accordé une place centrale aux artisans, nombreux issus de la région. Les liens tissés au fil du tournage ont dépassé le cadre de l’émission, laissant émerger un véritable esprit de communauté, si précieux dans notre région.
Au final, la Maison jaune n’est pas qu’un projet de rénovation. C’était un manifeste. Une invitation à ralentir, à réfléchir, et à habiter autrement.
Pour en savoir plus sur Les Ensembliers, visitez leur site : https://ensembliers.com/fr/ ou le site de leur ferme www.fermehumminghill.com.

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