Par : Matthew Elder (Traduction ; Guy Côté)
Le poème « Au champ d’honneur » nous bouleverse chaque année lors du Jour du Souvenir. Rédigé par le lieutenant-colonel John McCrae sur un champ de bataille de la Première Guerre mondiale, il rend hommage aux soldats tombés au combat, reposant en Belgique depuis plus d’un siècle.

Photo : Veteran Affairs Canada

Photo : Guelph Museum, McCrae House

La naissance d’un poème emblématique
John McCrae, officier du Corps de santé de l’Armée canadienne, fut affecté à une unité d’artillerie en 1915, durant la deuxième bataille d’Ypres. Dans une lettre à sa mère, il qualifia ces combats de « cauchemar ». Ébranlé par la mort d’un ami sous un violent pilonnage, il écrivit ce poème alors que la fumée se dissipait.
Il fut ensuite nommé médecin-chef à l’Hôpital général canadien n° 3, à Boulogne, en France, dont le personnel venait de la faculté de médecine de McGill.
On raconte qu’il aurait jeté son manuscrit dans une corbeille à papier ; un officier l’aurait récupéré, et ses collègues l’auraient poussé à le publier. Refusé d’abord par le magazine londonien The Spectator, le poème parut dans la revue Punch en décembre 1915.
Une controverse autour d’un mot
Un mot du premier vers fait l’objet d’une controverse : « Au champ d’honneur, les coquelicots fleurissent ». À l’origine, John McCrae avait écrit « blow » ; un rédacteur de Punch suggéra de le remplacer par « grow ».
Mike Wallace, représentant de la famille McCrae, confirme : « Il est établi que John McCrae a approuvé cette modification… D’ailleurs, dans des copies manuscrites ultérieures, il a lui-même intégré ce changement », a-t-il confié à Tempo. Toutefois, la plupart des versions actuelles respectent le libellé original.
Tragiquement, John McCrae mourut d’une pneumonie début 1918. Il fut inhumé avec tous les honneurs militaires près de Boulogne, en présence du général Arthur Currie, commandant du Corps canadien.
« In Flanders Fields » est devenu un symbole du souvenir, fréquemment lu lors des cérémonies du 11 novembre. Voici le texte original :
Au champ d’honneur
Dans les champs des Flandres, les coquelicots fleurissent
Entre les croix, rang après rang,
Qui marquent notre emplacement ; et dans le ciel,
Les alouettes, continuant vaillamment de chanter, volent,
À peine audibles au milieu du grondement des canons, en contrebas.
Nous sommes les morts. Il y a peu de jours,
Nous vivions, nous sentions l’aube, nous voyions luire le couchant,
Nous aimions, nous étions aimés ; et maintenant, nous reposons
Dans les champs des Flandres.
Reprenez notre lutte contre l’ennemi :
De nos mains défaillantes, nous vous tendons
Le flambeau ; à vous de le porter bien haut.
Si vous trahissez notre mémoire, nous qui sommes morts,
Nous ne trouverons pas le repos, même si des coquelicots fleurissent
Dans les champs des Flandres.
Événements à Knowlton
Le Club Lions de Knowlton organise son brunch du Souvenir le dimanche 8 novembre à l’Académie Knowlton. Depuis trente ans, cet événement nous rassemble en honneur de nos anciens combattants.
Cette année encore, des œufs brouillés, des saucisses, des crêpes et de la tourtière seront servis de 9 h à 13 h ; les plats seront préparés par des amis du Club Lions et servis par les Guides du Canada. Une table spéciale sera réservée aux anciens combattants.
Tous peuvent manger à leur faim et contribuer selon leurs moyens. Des gâteaux de Noël et d’autres friandises seront mis en vente au profit du club.
L’Harmonie de Knowlton y interprétera des pièces musicales marquantes de l’époque des guerres.
Cérémonie du Jour du Souvenir
Le mercredi 11 novembre, la filiale Brome (n° 06-023) de la Légion royale canadienne mènera la cérémonie du Jour du Souvenir au cénotaphe situé sur la rue Victoria, devant l’Académie Knowlton, avec des prières, le dépôt de couronnes et l’interprétation de « The Last Post » par un trompettiste.
L’Harmonie de Knowlton exécutera hymnes et autres pièces musicales en hommage de la communauté aux anciens combattants et aux militaires en service, ainsi qu’aux pompiers, aux premiers répondants et aux policiers. Leur héritage nous rappelle qu’il est essentiel de continuer à défendre le droit.
Avec la collaboration de Meredith Mackeen


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