
Conservation Lac Brome
«1,5 million de tonnes de sels de voirie sont épandues annuellement sur les routes du Québec, soit l’équivalent de deux tiers du volume du Stade olympique de Montréal (MTQ).»
Quoique nécessaire pour la sécurité des usagers, l’épandage d’une telle quantité de sels de voirie a certainement des effets néfastes sur l’environnement et les infrastructures. Une certaine quantité s’infiltre dans le sol, alors qu’une autre ruisselle en direction des lacs, des rivières et des nappes phréatiques. Les effets sur l’environnement peuvent être divers:
• contamination de l’eau potable;
• dégradation des écosystèmes aquatiques;
• effets chroniques ou aigus sur les espèces aquatiques, terrestres et floristiques ;
• changement de pH dans le sol ;
• dépérissement des arbres en bordure de route ;
• perturbation du cycle normal du brassage et de l’oxygénation de l’eau ;
• vieillissement prématuré des lacs, etc.
Ces effets deviennent spécialement importants dans un contexte des changements climatiques où nous assistons à des redoux d’hiver plus fréquents et extrêmes. Résultat: un lessivage des sels et apports aux lacs presque continu durant toute la saison hivernale. Or une seule tonne de sels de voirie peut contaminer jusqu’à 1,5 million de litres d’eau (MPCA, 2008).
Réglementer avant qu’il ne soit trop tard
C’est à partir de la concentration en chlorure, un ion communément présent dans les sels de voirie, que nous pouvons déterminer si ceux-ci modifient la dynamique des écosystèmes, les processus chimico-physiques d’un lac et la biologie des espèces. Au Canada, le seuil pour assurer la santé des espèces aquatiques est fixé à 125 mg/L. Comme les sels se dissolvent complétement dans l’eau, on comprendra qu’il devient très difficile de les retirer une fois présents.
Conscient de la menace que représente l’épandage de ces sels, Conservation Lac-Brome (CLB) a entrepris d’effectuer des prélèvements d’eau à divers points stratégiques du bassin versant. Des niveaux de chlorure nettement plus élevés que les seuils recommandés ont été mesurés, notamment dans le ruisseau Quilliams, au croisement avec l’autoroute 10. Rappelons que le Quilliams est le plus important affluent du lac Brome avec un apport de 40 % de l’eau du lac.
Avant d’atteindre le point de non-retour, vaut donc mieux prévenir et exiger dès maintenant une réglementation plus stricte de l’usage des sels de voirie dans notre municipalité. Une solution toute simple s’offre d’ailleurs à nous. Solution qui a même déjà fait ses preuves dans plusieurs municipalités du Québec, soit la création « d’écoroutes » ou « routes blanches ». Une écoroute est en fait une route faisant l’objet d’un mode d’entretien hivernal alternatif afin de protéger les zones vulnérables aux sels de voirie.
Il est peut-être temps de réclamer de nos élus municipaux et les responsables du ministère des Transport du Québec la mise en place de telles écoroutes ici même, à Lac-Brome. Qu’en dites-vous?
Intéressés à faire équipe avec CLB pour protéger notre lac? Joignez-vous à nous : http://www.conservationlb.com/nous-soutenir
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