Bolton-Ouest fête ses 150 ans

Par : David Rollert (Traduction : Guy Côté)

La petite ville de Bolton-Ouest célèbre ses 150 ans cette année avec une grande fête. Le monde a changé au cours de ces 150 ans, mais à bien des égards, elle est restée la même. Rurale. Paisible. Un endroit où il fait bon vivre.

A Highland cow stands in a colorful autumn forest, surrounded by vibrant fall foliage and scattered leaves on the ground.
De nombreux champs de Bolton-Ouest sont peuplés de bovins Highland.

Il y a environ 200 ans, l’endroit que nous appelons aujourd’hui Bolton-Ouest n’avait rien à voir ce qu’il est à ce jour. Une forêt dense le recouvrait. Il n’y avait ni routes, ni rivières navigables, ni village abénaquis où les Abénaquis chassaient et pêchaient.

Les limites furent tracées pour la première fois dans les années 1790 par un fonctionnaire britannique anonyme, divisant le territoire en parcelles rectangulaires. La parcelle nommée Bolton, du nom quelque peu arbitraire du britannique duc de Bolton, n’avait aucun sens topographiquement, traversée par une montagne imposante.

Il y a 150 ans, en 1876, les choses avaient bien changé et ressemblaient beaucoup à ce qu’elles sont aujourd’hui. La nouvelle ville de Bolton-Ouest se sépara du reste de Bolton le long de la crête du mont Foster. Environ 700 personnes y vivaient, soit presque autant qu’aujourd’hui. À cette époque, la quasi-totalité des terres avait été défrichée par les familles courageuses qui s’y étaient installées, avec leurs scies, bœufs et chevaux.

Des pierres qui poussent

La plupart descendaient d’anglophones qui avaient quitté les États-Unis, soit par loyauté envers la couronne britannique, soit pour l’opportunité de posséder des terres. La terre était pauvre bonne à « faire pousser des pierres », comme le disent encore les agriculteurs aujourd’hui.

Certaines des premières familles commencèrent avec quelques centaines d’acres, tandis que d’autres survivaient péniblement sur de petites exploitations de subsistance. Chaque habitant était agriculteur et possédait au moins un cheval, une vache, peut-être un bœuf, un ou deux cochons et des poules. De nombreux petits agriculteurs travaillaient de façon saisonnière dans les grandes fermes.

Sur le mont Foster, les familles faisaient des provisions et disparaissaient à l’automne, pour réapparaître à la fonte des neiges. La vie pouvait être agréable, mais elle était très dure. La vie communautaire s’organisait autour des lieux accessibles à pied : les petites églises locales, les écoles, puis les petits moulins et usines qui fabriquaient des tonneaux et des fenêtres, entre autres.

Avec Bolton Pass prolongeant la route des diligences vers l’est, les habitants ont pu vendre leur bois, leurs produits laitiers et leur sirop d’érable aux villes environnantes. L’arrivée du chemin de fer dans les années 1870 et 1880 a ouvert Bolton-Ouest au reste du monde.

Plus ça change …

La ville a continué à évoluer, bien sûr. Jusque dans les années 1960, le Mont Glen offrait un cadre idyllique au film « My Side of the Mountain », tandis que le Mont Glen se développait pour le ski, attirant les résidents de fin de semaine.

L’élevage des bovins et la laiterie locale, autrefois essentiels à la vie agricole, ont disparu. Il n’y a pratiquement pas d’industrie. Pas de commerces. Pas d’écoles. Toujours pas de feux de circulation ni de trottoirs.

Les fermes les plus actives, dont beaucoup sont encore gérées par les descendants directs des premiers agriculteurs élèvent désormais du bétail ou cultivent des fourrages. De nombreux champs défrichés, qui offraient autrefois des panoramas spectaculaires, sont désormais envahis par la forêt et les broussailles, ressemblant davantage au paysage d’il y a deux siècles.

Aujourd’hui, les résidents forment un groupe diversifié, composé d’artistes, de retraités, d’agriculteurs et de personnes appréciant la tranquillité de la campagne. Le français est la langue maternelle de la moitié du village.

Restez à l’écoute pour connaître les détails des festivités du 150e anniversaire, prévues pour la fin août.

Merci à Eddy Whitcher, John Badger, Don Badger, Loren Allen, Jack Walker, au Musée Lac-Brome et à son archiviste, Anne-Marie Charuest, pour leurs précieux témoignages et renseignements.

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