Natalia Baquero : l’art du chapeau

Par Nathalie Rivard

Sur la rue principale à Knowlton, l’atelier de Natalia Baquero attire les regards avec ses feutres colorés, ses formes en bois patinées et ses rubans de soie. Originaire de Colombie, cette chapelière et modiste transforme chaque chapeau en une œuvre d’art, empreinte d’émotion et de personnalité.

Nathalia Baqueras dans sa boutique

« J’ai découvert la chapellerie un peu par hasard », raconte-t-elle. « En arrivant au Canada, je voulais travailler au Cirque du Soleil. J’ai commencé dans un atelier de sous-traitance qui fabriquait leurs chapeaux, et dès la première journée, j’ai su que c’était ça. »

Ce premier contact avec le monde du spectacle façonnera sa rigueur, sa minutie et son goût du détail.

Dans son atelier de Knowlton, elle travaille le feutre, la paille et, parfois, le tulle, une matière qu’elle affectionne pour sa transparence et sa légèreté. « Le feutre est noble. Il se moule bien, les couleurs sont riches, et chaque chapeau prend vie entre mes mains. » Ses moules, souvent anciens, proviennent d’ateliers québécois disparus.

Une approche humaine du sur-mesure

Mais ce qui distingue vraiment Natalia, c’est son approche profondément humaine du sur-mesure.

« Quand un client vient me voir, je veux savoir pourquoi il veut un chapeau, pour quelle occasion, et ce qu’il veut ressentir en le portant. »

Elle ferme ensuite la porte pour offrir une expérience intime, presque introspective.

Elle se souvient notamment d’un couple venu choisir chacun un chapeau. « Le monsieur en avait essayé un qu’il adorait, mais sa femme ne l’aimait pas. Quand il s’est regardé dans le miroir, son visage s’est illuminé. Il s’est vu beau. Et à ce moment-là, elle aussi l’a vu autrement. » Ce moment, empreint de tendresse, illustre la magie du regard que Natalia redonne à ses clients.

Au départ, elle croyait que sa clientèle serait composée surtout de trentenaires et de quadragénaires. À sa grande surprise, ce sont plutôt des clients de 50 ans et plus — parfois bien plus — qui franchissent la porte de son atelier. Des femmes et des hommes pour qui le chapeau demeure un symbole d’élégance et de raffinement, un geste de style qui fait partie intégrante de leurs tenues.

Pour Natalia Baquero, le chapeau n’est pas un accessoire : c’est une œuvre vivante.

« Je veux que les gens se sentent confiants, beaux, et qu’ils comprennent que porter un chapeau, c’est une façon de s’affirmer, avec élégance et liberté. »